Jérôme Monnet aux prises avec Robert Gulyas
1er match Pro A de la JL / Photo Elan Chalon (Jean-Pierre de Saint-Jacob)

Alors que l’incertitude plane sur la suite de notre championnat avec, à ce jour, le report de deux journées, plongeons-nous dans les 20 dernières années d’histoire de la JL Bourg.

EDITO

De match en match, d’échecs en succès, notre club de la JL a su faire vibrer une ville comptant un peu plus de 40 000 habitants, une agglomération dénombrant plus de 130 000, et même un département qui a su se faire remarquer grâce à une diversité sportive (rugby, foot et bien évidemment basket) de très haut niveau.
Chaque saison qui passe est donc une nouvelle étape dans l’histoire d’un club et le passé, qu’il soit lointain ou récent, est parfois délaissé par la performance actuelle et les perspectives d’un futur encore meilleur. La Jeu a, elle, appris de ses erreurs au fil du temps en s’appuyant sur ses choix du passé, qu’ils aient été bons ou mauvais. Elle a su se construire un avenir dans le monde professionnel où elle évolue depuis 1996. Et on peut le dire, depuis bientôt 25 ans, le basket a bien changé. Notre club aussi !
Impossible donc de comparer ceux qui ont créé ce roman, mais on peut juste s’émerveiller de toutes ces saisons passées au plus haut niveau.

Allez la Jeu !

PARTIE 1

La découverte

18 avril 2000. Avant dernière journée. Bourg est en tête du championnat de Pro B avec vingt-six victoires après avoir vécu deux saisons où l’équipe s’est classée sixième puis quatrième. Ce soir, la formation bressane coachée par Alain Thinet et déjà Gérald Simon se déplace chez son dauphin, Vichy, qui compte un succès de moins. Avec une défaite inférieure à dix points, la consécration finale sera là. Quarante minutes de basket intense avec un duo Jean-Luc Tissot (17 points et 4 rebonds) – Trazel Silvers (20 points et 3 rebonds) qui tient la baraque. Quarante minutes où la JL n’est pas loin de voir son adversaire retrouver l’espoir de la montée après avoir déjà laissé passer une chance à Rueil. Quarante minutes qui se terminent par une défaite. Mais une défaite qui donne le sourire à tout une ville, un département. Oui, la JL Bourg s’incline, l’écart n’est que de sept points (75-68) !

Ce mardi soir est la première pierre posée dans l’élite du basket français pour toute une équipe qui compte des gars du cru et de la région comme Jean-Luc Tissot, Jérôme Monnet, Fabrice Serrano ou encore Xavier Boivin. Bourg est en fête et le restera encore quelques jours puisqu’une dernière soirée, le samedi 22 avril, bouclera parfaitement un exercice inoubliable. En effet, la vétuste salle de l’avenue Charles Robin a pu trembler avec un ultime succès face à Nantes (81-69). Cette fois, la Jeu entre dans le grand bain !

Jean-Luc Tissot

Petit budget, petit poucet. Cette image, la JL Bourg va la traîner pendant de longues années. Pas que durant la saison 2000/2001 où l’ossature française a été conservée.

Il va alors falloir attendre longtemps ! Sept journées, plus de deux mois, sans voir le moindre point faire monter le compteur burgien. Pourtant, il s’en est fallu de peu lors de la première journée contre Chalon/Saône (79-81) ou encore contre Pau (79-83), Antibes (77-81) et même Strasbourg, à l’extérieur (89-92). Jusqu’à ce 9 décembre 2000, à Cholet. Corey Louis (27 points et 7 rebonds) et son compatriote Lenzie Howell (17 points et 6 rebonds) conduisent, entre autres, les Rouge et Blanc vers une première qu’on peut qualifier d’historique. Ce succès va enfin lancer la troupe dans sa saison. La JL va se payer le luxe de battre des gros comme le voisin Villeurbannais qui terminera premier à l’issue des 30 journées ou encore un certain Tony Parker, futur joueur des Spurs, quelques jours après le début de l’année 2001 (83-71) puis en avril (81-77). 

Surtout, une fin de saison en trombe avec cinq victoires en six rencontres offre un maintien confortable avec une dixième place, treize succès pour 17 revers. L’aventure ne fait donc que commencer !

La dure loi du plus fort

Les ères qui vont suivre vont être plus compliquées. Souvent, le spectre de la deuxième saison est évoqué dans le sport. Les Bressans vont en faire les frais et Pierre Murtin va devoir faire son retour sur le banc un soir de février à la place de Mike Gonsalves qui n’a réussi à gagner qu’une rencontre en quatorze journées.
Le désormais mythique sorcier bressan vit une mission sauvetage quasi impossible. Les six matchs glanés dont les trois derniers face à Nancy, Montpellier et Gravelines n’offriront pas le maintien sportif, mais la liquidation du club de Montpellier et la relégation administrative d’Antibes feront les affaires de Bourg.

La suite est tout aussi compliquée. Avec neuf victoires, la Jeu termine à égalité avec Roanne et Limoges. C’est bien la troupe de Patrick Maucouvert qui se voit attribuer la quinzième place. Cette saison là, Fabrice Serrano est de retour. Sébastien Lafargue est quant à lui le dernier lieutenant de la montée en Pro A. L’arrivée d’un certain Saddi Washington à la mène n’aura pas tout révolutionné et Jean-Luc Tissot désormais président espère bien que l’ultime chance de maintien, via les barrages, ne va pas être vaine.

À cette époque, des barrages, peuvent en effet sauver la JL Bourg. Cette formule équivalente à un format de Playoffs voit nos Bressans éliminer successivement GET Vosges (en deux matchs), Mulhouse (en trois matchs) et enfin Besançon (en trois matchs) avec une dernière soirée pleine de liesses à la maison (98-90) grâce notamment à Washington (32 points et 6 rebonds) qui a répondu aux attaques de Shea Seals (37 points et 4 rebonds).

Fabrice Serrano, porté en héros

Changement de braquet

En 2003, la JL quitte ses couleurs d’origines et se pare de vert. En somme, elle veut passer un cap après deux saisons pour le moins difficiles. La confiance se tourne vers de nouvelles têtes avec Steeve Essart, Tariq Kirksay (qui jouait encore en 2018/2019 avec Fos) et Victor Samnick (qui lui aussi jouait encore en 2018/2019 avec Paris). Un certain Branko Sindjlic pointe même le bout de son nez après avoir vécu deux années positives avec Limoges (notamment avec la montée en Pro A).

L’élite passe alors à 18 équipes et l’espoir porté par les nouvelles couleurs burgiennes semble porter ses fruits. Trois joueurs auront marqué une année qui se conclut à la quinzième place avec treize victoires soit quatre d’avance sur le premier relégable : Washington (17,9 points et 4,5 rebonds), Kirksay (16,3 points, 8,5 rebonds et 4,1 passes) et Sindjelic (16,3 points et 5,9 rebonds). La machine est lancée ? Il semblerait bien que oui.

Corentin Maréchal
EN CHIFFRES

Classements

99-00 | Pro B | 1er sur 18
27 victoires - 7 défaites
00-01 | Pro A | 10e sur 16
13 victoires - 17 défaites
01-02 | Pro A | 15e sur 16
7 victoires - 23 défaites
02-03 | Pro A | 15e sur 16
9 victoires - 21 défaites
03-04 | Pro A | 13e sur 18
13 victoires - 21 défaites

Meilleurs joueurs

Meilleur marqueur : Travis Silvers (16,1 points)
Meilleur rebondeur : Eric Franson (7,5 rebonds)
Meilleur passeur : Fabrice Serrano (5 passes)

Meilleur marqueur : Lenzie Howell (20,1 points)
Meilleur rebondeur : Louis Corey (8,9 rebonds)
Meilleur passeur : Jean-Luc Tissot (5,1 passes)

Meilleur marqueur : James Bryson (13,1 points)
Meilleur rebondeur : James Bryson (7 rebonds)
Meilleur passeur : Terrel Castle (4 passes)

Meilleur marqueur : Dzenan Rahimic (19,8 points)
Meilleur rebondeur : Dzenan Rahimic  (7,9 rebonds)
Meilleur passeur : Reggie Geary (6,5 passes)

Meilleur marqueur : Saddi Washington (17,9 points)
Meilleur rebondeur : Tariq Kirksay (8,5 rebonds)
Meilleur passeur : Steeve Essart (4,1 passes)