Archives : 2021

Eurocup Top 16 #2 – Vos highlights

La JL Bourg accueillait une équipe invaincue, avec qui elle a joué les yeux dans les yeux, en Eurocup pour son deuxième match du Top 16.

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Eurocup Top 16 #2 – Sans rougir, la JL s’incline

La JL Bourg accueillait une équipe invaincue, avec qui elle a joué les yeux dans les yeux, en Eurocup pour son deuxième match du Top 16.

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Compte-rendu de l’AG LNB du 19 janvier

Pour statuer sur la suite de la saison de Jeep®Elite avec la situation sanitaire actuelle, le Comité Directeur de la Ligue Nationale de Basket s’est réuni aujourd’hui et a pris les décisions suivantes :

 

 

 

 

– Pour la Jeep® ÉLITE, il a été décidé que du 20 janvier 2021 au 15 février 2021 chaque équipe participera à 2 matchs de championnat dont 1 obligatoirement à domicile à huis clos.

La priorité sera donnée aux matchs ayant fait l’objet d’un report depuis le début du championnat.

 

 

 

 

Les prochaines rencontres de Jeep® ÉLITE seront programmées à partir du 29 janvier et seront communiquées d’ici la fin de la semaine.

Eurocup Top 16 #2 – Un col hors catégorie pour la Jeu !

La JL Bourg est de retour à Ekinox avec un adversaire de taille pour le Top 16.

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Bienvenue au Top 16… #2 – Bologna

Qui est notre adversaire ? Quelle place a le basket dans son pays ? Découvrez en plus sur la VIRTUS SEGAFREDO BOLOGNA.

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Jeep®Elite #12 – Votre résumé en vidéo

De retour en Jeep®Elite avec un cinquième déplacement consécutif depuis le 22 décembre, la JL avait l’envie de renouer avec la victoire.

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Jeep®Elite #12 – Soirée réussie dans le Béarn

De retour en Jeep®Elite avec un cinquième déplacement consécutif depuis le 22 décembre, la JL avait l’envie de renouer avec la victoire.

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Jeep®Elite #12 – Retrouver des couleurs à Pau

Dans une mauvaise passe, la JL Bourg compte sur le championnat pour rebondir.

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Ils nous racontent Pierrot (3/3) – Ses poussins

Un collègue, un ami, un coach, un symbole, une philosophie, des valeurs… Pierre Murtin a été et sera toujours tellement pour notre club, pour le monde du basket et pour chacun de nous. 

Au travers de différents témoignages, nous avons souhaité rendre hommage à cet incroyable parcours et à cet homme si unique. 

Si le coeur vous en dit, nous vous invitons donc à suivre ces lignes, où Présidents, collègues, amis et jeunes “nous racontent Pierrot”.

Ils nous racontent Pierrot

Pour terminer cet hommage, nous avons souhaité donner la parole à sa dernière génération de U18 auprès desquels il a tiré sa révérence sur le titre de Champion de France. Au tour de ses jeunes, ses poussins, qui ont pu nous parler de ce coach si bienveillant et si aimant . 

Benjamin Curis

Arthur Simon

Hugo Benitez

Corentin Falcoz

Tom Dary-Sagnes

Elian Benitez​

Maxim Ilvovskiy

Anthony Soustre

"Pierre c’était un amoureux et un passionné. "

Les premiers mots pour évoquer Pierre.

Arthur Simon –

Passionné. 

Maxim Ilvovskiy –

Enthousiaste. Dans tout, tout le temps.

Elian Benitez –

Humble aussi évidemment, il disait toujours “c’est eux d’abord, c’est les jeunes”. Alors que sans lui il n’y aurait pas tout ça.

Corentin Falcoz –

Entier, Pierre il était toujours à fond et il faisait tout à 100% que ce soit sur les déplacements, les entrainements, les matchs, il faisait tout à fond et il prenait tout à cœur. 

"Avec lui il y avait un triple projet, les trois S."

Benjamin Curis –

C’était un style de vie. Il fallait être passionné par ce qu’on faisait, être à 100% dans le basket, il fallait être juste avec tout le monde, être correct au niveau des cours c’était vraiment un tout. Avec lui il y avait un triple projet, les trois S : le sport, le scolaire et le sentimental. Pierre c’était un amoureux et un passionné. 

Tom Dary-Sagnes –

Attentionné finalement. Il voulait nous donner du confort, pour lui c’était normal, c’était sa nature. Il faisait passer notre bonheur, notre bien-être avant le sien, quitte à ce que lui se lève 2 heures plus tôt.

Hugo Benitez –

Pierre avant d’être notre coach c’était notre ami, notre papa, il s’occupait de nous, il voulait savoir si tout allait bien à l’école, quand on était malade… Si il sentait qu’on n’était pas bien, il disait ce n’est pas grave restez chez vous. C’était vraiment comme notre père.

Il faisait les choses avec classe, y compris ses entrainements

Hugo Benitez –

Il était très rigoureux, quand on arrivait aux entrainements, on le voyait il avait un cahier énorme avec tous ses entrainements notés et s’il fallait se lever avant pour préparer ses entrainements, il le faisait, il passait des heures à les écrire pour qu’il soit parfait et après chaque entrainement il mettait une note et il nous disait, si cet exercice avait bien marché il le referait.

"Si on n'était pas 100% à fond ça n’allait pas, c’était le respect qu’on lui devait."

Tom Dary-Sagnes –

On voyait ses cahiers quand on prenait des pauses en bord de terrain, on regardait discrètement et c’était impressionnant, il notait la date, qui s’était entrainé, ses petites annotations… Nous, on avait jamais vu ça ! Puis avec ça, il cherchait toujours à s’améliorer, si quelque chose n’allait pas il modifiait pour que ça fonctionne les fois d’après.

Arthur Simon –

Oui il expliquait tout dans ses cahiers ! Et on le voyait quand il avait moins préparé un entraînement, il était moins exigeant mais quand il avait préparé la séance, là il fallait être dedans. Si on n’était pas 100% à fond ça n’allait pas, c’était le respect qu’on lui devait. Il nous disait « si vous ne voulez pas vous entrainer pas de soucis, mais si vous êtes là c’est pour le faire à fond ».

Elian Benitez –

C’était super recherché en plus ses entrainements, ça m’avait étonné quand je suis arrivé à la JL. Maintenant je comprends pourquoi il y passait autant de temps ! C’est le coach avec lequel j’ai fait le plus de jeux aussi ! Mais on travaillait vraiment pendant ces jeux-là, et je pense que c’est ce qui nous a permis d’être une équipe moins athlétique mais qui jouait vraiment vite. 

Et les matchs à ses côtés alors ?

Benjamin Curis –

Le premier match que j’ai fait à la JL, je suis arrivé dans la salle à Amédée Mercier, il était en train de passer le balai dans la salle et il avait déjà affiché tous nos maillots sur les portiques, il avait mis en place la table, les bancs, les bouteilles d’eau, il avait déjà mis les numéros sur le tableau c’était déjà tout écrit ce qu’il voulait dire, tous les schémas qu’il voulait nous montrer…

Arthur Simon –

Après il y avait ses speechs d’avant match. Tu vois à Amédée Mercier, vers la petite forêt et le terrain de pétanque, et bien lui il s’asseyait sur le banc et il relisait son speech.

Corentin Falcoz –

Il tournait, il était avec sa feuille, pendant 1h il restait derrière le banc et il faisait 20 000 pas en lisant son discours, il marchait, il marchait, il marchait… On avait l’impression qu’il ne s’arrêterait jamais et après son discours était parfait.

"Il affichait toujours le même mot sur le tableau « R E S P E C T »."

Maxim Ilvovskiy

Son speech c’était toujours des métaphores, des charades, des rébus, des mots croisés même. (rire)

Arthur Simon –

Dans le vestiaire d’Amédée il y avait une image de James Naismith, le créateur du basket, et Pierrot il avait un post-it avec un smiley content et l’autre pas content. Et en fonction du match qu’on faisait, il mettait le smiley ! Ça semble bête mais il le prenait vraiment à coeur, c’était important ce smiley.

Elian Benitez –

Au premier tournoi à Montaigu en général, il affichait toujours le même mot sur le tableau « R E S P E C T », le T correspondait à Travail et le R à Réussite et c’était toutes les étapes pour aller du travail à la réussite, le tout dans le respect des consignes.

Hugo Benitez –

Dans les discours de Pierre franchement il n’y avait pas beaucoup de basket, il parlait beaucoup du vivre et du jouer ensemble, pas forcement très technique. 

Benjamin Curis –

Ce qui ressortait le plus pendant ses discours c’était qu’il fallait qu’on joue ensemble, qu’on soit passionné par ce qu’on fasse et qu’on mette les tripes, il fallait se donner à 100%, pour lui c’était le plus important.

Arthur Simon –

Il nous mettait vraiment en confiance. Il répétait toujours que les U18 on était la meilleure équipe de toutes, qu’on s’en fichait des pros, c’était nous avant tout.

Tom Dary-Sagnes –

C’est vrai qu’on en chiait toute la semaine, ses entrainements étaient très physiques, on était toujours à fond et on s’en rendait compte même en match, on étouffait l’adversaire tellement on était à fond. On donnait tout pour lui, on voulait gagner, on voulait lui faire plaisir. Et il nous le montrait bien à sa causerie d’avant match, on était prêt direct.

Hugo Benitez –

Moi aussi ce qui m’impressionnait avec Pierre, c’est à Amédée Mercier, il y avait nos parents derrière lui et à chaque temps mort, tout le monde arrêtait de parler, même les spectateurs écoutaient le discours. 

Le Final Four c’était aussi sa sortie, vous en aviez conscience sur ce dernier match ?

Corentin Falcoz –

On avait su assez tôt qu’il allait arrêter, on savait qu’il allait laisser sa place.  

Benjamin Curis –

Avant ce Final Four, il était plus tendu aux entrainements, il stressait beaucoup, il savait que pour lui c’était un peu la consécration de son basket, c’est le basket qu’il aimait et qu’il nous a appris. Il était un peu stressé ouais, mais il essayait de ne pas trop le montrer, nous on le connaissait et on savait.

Corentin Falcoz –

Quand on est arrivé la veille du match il était vraiment stressé. Moi j’avais mangé en face de lui et c’était quelque chose, il n’arrivait pas à manger il était tout stressé !

Hugo Benitez –

On s’en est vraiment rendu compte quand c’était la finale, on savait que c’était sa dernière et nous quand on a gagné c’était trop beau mais c’était lui surtout. C’était grâce à lui, on lui a vraiment offert un cadeau de fou et on ne s’en rendait même pas compte. Il y avait plein de personnes que l’on ne connaissait pas mais qui était très importantes pour lui, c’est la plus belle des récompenses.

"C’était incroyable de finir comme ça devant tout le monde."

Tom Dary-Sagnes –

C’était presque sûr qu’on allait gagner, on était tellement prêt, tellement sûr de nos forces. On aurait pu mourir pour ce titre ! Ça a été chaud contre l’Asvel mais contre Nanterre on a déroulé. On était imbattable à ce moment là.

Elian Benitez –

À la finale, je crois que tout notre basket est ressorti. Ça résume exactement notre équipe de l’année, tout le monde a vu arrivé Nanterre hyper musclé grand, rien à voir avec nous, alors qu’on gagné de 50 points. 50 points en finale ! Je ne sais pas si ça a déjà été fait !

©Jacques Cormarèche
Maxim Ilvovskiy

C’était pile le jeu qu’il voulait dans sa tête en plus, il était trop content.

Arthur Simon

On le voit sur une photo, il y a un moment où Max il va au dunk justement et sur la photo tu vois Pierre derrière avec un immense sourire. À tous les entrainements il le poussait à écraser le dunk, à y aller, et là il le fait, au Final Four, c’était trop bien !

Corentin Falcoz

C’était incroyable de finir comme ça devant tout le monde. C’était le plus beau pour lui je pense.

Benjamin Curis –

Comme il disait, pour lui on était les meilleurs. Il nous a transmis sa vision du basket. On faisait du 5 contre 5 sans dribble des choses que je ne pensais jamais faire encore à ce niveau là, on faisait beaucoup de contre-attaques, on ne faisait que courir. On a joué 3 ans sur 4 systèmes et ça a marché ! (rire) 

Hugo Benitez –

Même des fois quand on arrivait, on faisait des exercices, on les répétait beaucoup, on en avait marre, le soir on avait mal aux jambes, on était presque énervé contre Pierre. Après on arrivait le dimanche et on gagnait de 40 points contre des grands gars, donc ça en valait la peine !

Tom Dary-Sagnes –

Il était tellement humble, il passait son temps à dire « c’est pas moi, c’est grâce à eux ». Alors que sans lui, je sais pas où on serait mais loin de tout ça ! Si on prend les 10 joueurs qu’on avait, je ne sais même pas si le centre de formation nous aurait voulu. (rire) Mais Pierre accorde tellement d’importance à ce qu’il y a en dehors du basket. Il préférait un joueur « intelligent », qui réfléchit plutôt qu’un joueur athlétique. 

Arthur Simon –

Jean-Luc Tissot était pareil à ce niveau là, ils étaient toujours tous les deux. Je pense qu’il le canalisait pendant les entrainements aussi et les recrutements, Pierrot il était toujours trop à fond, tout le temps ! Il n’y avait pas d’entrainement où on pouvait se dire qu’on allait y aller tranquille. 

Tom Dary-Sagnes –

Je me souviens, les mercredis à la cantine c’était toujours « frites » au menu, et nous on avait entrainement direct après et on courrait pendant une heure, le mercredi c’était course, on en pouvait plus, on transpirait la graisse des frites ! (rire) 

©Christelle Gouttefarde

Et un Pierrot qui s’énerve, ça arrivait parfois ?

Benjamin Curis –

Quand Pierre s’énervait, il gueulait fort et ensuite c’était ton meilleur ami après que sa colère soit passée.

Arthur Simon –

Il s’adressait toujours à tout le monde aussi quand il faisait une réflexion, il ne pointait jamais du doigt quelqu’un. Bon tu savais que c’était toi qui avait fait une connerie mais il ne le disait pas (rire).

Maxim Ilvovskiy –

Un jour il s’était vraiment énervé à un entrainement. Et le lendemain matin, dans le mini-bus il a distribué à chacun d’entre nous une lettre tout écrite à la main, où il s’excusait. 

Corentin Falcoz –

Je me rappelle ce soir là, il avait arrêté l’entrainement et le lendemain on avait reçu une lettre de sa part, « les gars je m’excuse, vous me comprenez c’est la passion qui prend le dessus ». Il nous envoyait des longs messages pour s’excuser, alors qu’il aurait pu ne pas s’excuser, des fois on les méritait ses engueulades !  

Tom Dary-Sagnes –

Il s’en voulait trop, ça l’avait trop travaillé. Pierre c’était tout le temps ça, il nous engueulait et après il s’excusait direct !

Arthur Simon –

Il répétait « moi je suis un colérique, mais ça ne dure pas, je reviens vite après, j’ai déjà oublié »

"C’est un grand homme et un exemple pour moi."

Pierre aura marqué toute votre génération avec des enseignements inoubliables.

Corentin Falcoz –

Il nous a marqué humainement déjà, toujours avoir le sourire, toujours être content d’être sur le terrain.

Hugo Benitez –

Un mec qui adore le basket et à chaque fois que je me souviens de lui, je me souviendrai toujours de la manière dont il criait, il donnait son énergie, des fois on avait l’impression qu’il avait plus envie que nous de jouer au basket.

Benjamin Curis – 

On a joué un basket tellement atypique avec lui et on est trop fier de ça et puis il nous a quand même fait gagner deux titres, c’est grâce a lui aussi. Mais humainement, même en dehors du terrain, il nous pousse à être meilleur chaque jour, à être de meilleures personnes. Il disait toujours « on gagne mais pas en marchant sur les autres, juste en jouant notre basket » et il ne fallait pas nuire aux autres, le fait de jouer ensemble, c’est la chose qu’il essayait de véhiculer le plus.

C’est un grand homme et un exemple pour moi dans la manière d’être avec les autres et les valeurs qu’il a pu nous transmettre.

Corentin Falcoz – 

C’est une légende à tous les niveaux, il n’y a pas d’autres mots.
Il ne parlait jamais de ce qu’il avait fait auparavant. Il nous disait juste qu’il mettait tous ses 3 points (rire). Il était trop humble pour parler de lui.

Tom Dary-Sagnes – 

Puis l’empathie, il se mettait toujours à la place de l’autre. Alors qu’aucun coach ne fait ça. Quand on était fatigué, il comprenait ce qu’on vivait alors que n’importe quel coach se dirait « t’es en centre de formation, t’es là pour ça »

"C’était l’humain avant le joueur."

Arthur Simon – 

C’était l’humain avant le joueur. On ne s’en rendait pas compte je pense mais c’est tellement rare. 

Tom Dary-Sagnes – 

Il s’intéressait à notre vie personnelle aussi, mais sans être intrusif. Il sentait toujours, il avait toujours les bons mots. Il nous connaissait tous tellement bien. Il disait toujours qu’on était des petits cons, mais c’était sa manière de dire qu’il nous aimait, c’était affectif.

Anthony Soustre – 

L’année dernière, il y a plein de moments où je n’étais pas très bien. Et il venait au 3 Saules pour me voir, pour me parler. Cette année, même quand il était malade c’était pareil, toujours à me demander des nouvelles et ça m’a tellement aidé.

"Je pense qu’il faut être fier de l’avoir connu."

Arthur Simon – 

Il nous aimait en fait. 

Elian Benitez – 

C’était aussi « vivre l’instant » avec Pierre. Ça ça m’a marqué. Il a rendu plein de gens heureux, vraiment.

Tom Dary-Sagnes – 

Je pense qu’il faut être fier de l’avoir connu, sa vision de la vie et du basket elle est tellement unique qu’il faut la faire perdurer, il faut la transmettre. C’est le meilleur hommage qu’on peut lui faire.

©Christelle Gouttefarde

À toi Pierrot.

Merci à eux pour leur courage et leur sincérité. 

Merci à tous pour vos nombreux témoignages. 

Merci Pierrot. Pour tout, tout simplement.

Ils nous racontent Pierrot (2/3) – Ses complices

Un collègue, un ami, un coach, un symbole, une philosophie, des valeurs… Pierre Murtin a été et sera toujours tellement pour notre club, pour le monde du basket et pour chacun de nous. 

Au travers de différents témoignages, nous avons souhaité rendre hommage à cet incroyable parcours et à cet homme si unique. 

Si le coeur vous en dit, nous vous invitons donc à suivre ces lignes, où Présidents, collègues, amis et jeunes “nous racontent Pierrot”.

Ils nous racontent Pierrot

On continue cette lecture avec trois personnes qui ont énormément appris aux côtés de ce grand monsieur et surtout avec lesquelles il aimait partager, il aimait être.

Fabrice Serrano

Responsable du Centre de Formation de la JL
Coach des espoirs

Guillaume Vors

Directeur du Centre de Formation

Nicolas Croisy

Coach des U18 

"Pour moi c’était un artiste, avec toutes ses caractéristiques"

Nicolas Croisy –

Pour moi c’était un artiste, avec toutes ses caractéristiques : le talent, l’aura… tout ce qui peut caractériser quelqu’un d’exceptionnel. Et avec toutes les qualités humaines qu’on peut lui connaitre : le partage, l’enthousiasme, le sourire, l’humour, la simplicité.

Fabrice Serrano –

Il était passionné. Bienveillant. Quelqu’un de bien, de profond, d’aimant… Il n’avait pas n’ennemi, il avait un mot pour tout le monde, il était généreux avec tout le monde, pas de critères ou quoi que ce soit, il prenait les gens comme ils étaient. 

Nicolas Croisy –

C’est vrai, je ne l’ai jamais entendu parler en mal de quelqu’un, même si il n’avait pas d’affinité, il ne critiquait jamais personne.

Guillaume Vors –

 Je dirais « émotion » aussi. Tout le monde disait qu’il aimait le beau jeu, mais ce n’était pas tant le beau jeu qui l’animait, c’était de procurer des émotions. Ça se traduit sûrement par ça dans le basket mais il voulait surtout que les gens prennent du plaisir à venir voir son équipe. Je pense que c’est ce qu’il aimait le plus, voir les tribunes d’Amédée Mercier pleines.

Le style Murtin, une approche particulière, emplie de bienveillance.

Fabrice Serrano –

C’était sa qualité première et aussi son défaut. Il estimait que tous les gens qui participaient aux entrainements ou aux matchs se devaient de participer vraiment. Il impliquait tout le monde. Même quand on jouait nous, il y a des joueurs qui étaient prévus pour être 10ème ou 11ème et bien il les faisait jouer quand même, quel que ce soit le score ou le gain du match. C’était une force puisque tout le monde se sentait concernés. Ça c’est son truc. Il connaissait très bien le basket aussi, mais ça ne se réduisait pas à jouer non plus, il y avait pleins de choses derrières pour lui. C’était un entraineur ultra compétent, avec son approche, l’implication de tous. C’est très rare que quelqu’un soit resté sur un banc, que ce soit avec les jeunes ou les pros… Il se rongeait les ongles quand il avait amené un gamin qui n’avait pas pu jouer, c’était une catastrophe pour lui. 

Guillaume Vors –

Et avec toute son humilité, je pense qu’il était tellement bon dans ce qu’il faisait, qu’il est arrivé à un point où il ne s’en rendait même plus compte que ce qu’il produisait était exceptionnel.

"Je ne serai jamais Pierre Murtin, il n’y en a qu’un, mais j’ai pris des choses de lui. "

Vous qui avez appris et évolués à ses côtés, quels enseignements retenez-vous ?

Fabrice Serrano –

Quand tu deviens entraineur de basket, tu es influencé par toutes les personnes que tu croises. J’ai eu la chance de croiser beaucoup d’entraineurs auprès desquels j’ai appris et évidemment, j’ai beaucoup appris de Pierre, notamment sur un style de jeu fait de mouvement sur une certaine approche, surtout que j’ai eu la chance de jouer pour lui. Et j’ai appris à le retranscrire autrement. Je ne serai jamais Pierre Murtin, il n’y en a qu’un, mais j’ai pris des choses de lui. 

Guillaume Vors –

Il y a plein de choses qui ont transpiré sur ma façon de faire. Alors après, je n’ai pas le même talent que lui donc c’est différent. Mais juste sur la volonté de jouer par exemple. S’éloigner un peu de tous ces systèmes, et se concentrer sur le jeu et l’envie de jouer. Je pense que cet esprit-là a transpiré sur beaucoup de coachs qui l’ont rencontré. Quand on parle avec lui, on est tout de suite subjugué. J’ai fait une formation de coaching un jour où Pierrot intervenait, j’étais son assistant à l’époque, et tout le monde est venu me voir à la fin en me disait à quel point j’étais chanceux, en 2 heures il les avait tous convaincu !

Nicolas Croisy –

Après on peut vraiment distinguer l’entrainement du coaching avec lui, c’était 2 choses différentes. Il m’a fait beaucoup progressé dans le coaching. L’entrainement aussi, mais là dessus c’était plutôt sa manière d’animer, son investissement, sa tonalité de voix… Ça, ça lui est propre. Mais surtout le coaching, il m’a fait me poser. En match, je vivais chaque action à fond. Je me souviens un jour j’ai dû coacher avec lui, et limite il parlait aux gens derrières lui alors qu’on était mené, le match était super serré ! Et je me disais « mais il s’en fout ou quoi » (rire) mais non du tout. C’est juste qu’il considérait qu’il y avait le temps, que les joueurs allaient s’approprier les choses et réagir. Il avait confiance en eux. Ça m’a permis de me poser et de relativiser le fil du match. Il avait après des choses bien à lui, qui lui sont très propres, comme la préparation de ses matchs. Nous on ne fera jamais de copier coller, Pierre c’était Pierre. Et si on veut s’amuser à le faire on ne serait pas bon. Mais par contre, c’était une vraie source d’inspiration c’est sûr. 

On nous a dit que Pierre préparait pendant 2, 3 heures ses entrainements la veille.

Nicolas Croisy –

Je ne sais pas si c’était la veille, mais en tout cas il les préparait oui ! (rire)

"Pierre préparait ses entrainements, plus que n’importe quel entraineur c’est certain."

Fabrice Serrano –

Pierre préparait ses entrainements, plus que n’importe quel entraineur c’est certain. Il fallait d’abord qu’il sache le nombre de joueurs présents, il ne savait pas faire sans ça. Et il écrivait tout. Il écrivait toutes les situations qu’il voulait faire et il les décrivait vraiment, mot par mot. D’habitude on fait quelques schémas pour préparer avec 2, 3 explications, mais Pierre il aimait écrire et il décrivait tout. C’est à dire « tel joueur va passer la balle à tel joueur, lui va aller là et faire ça… ». Donc c’est sûr, quand on décrit un exercice ça peut commencer à prendre beaucoup de temps et lui écrivait peut-être 10 à 12 exercices alors qu’il n’allait en faire que 2 peut être. Ça fait beaucoup de cahiers tout ça, depuis le temps qu’il entrainait. C’était impressionnant la précision de la description de ses exercices. Je n’ai vu que lui travailler comme ça. 

Nicolas Croisy –

Lui si on suivait l’entrainement comme il l’avait prévu dans son cahier, je crois que l’entrainement durait 5 heures. (rire) Donc en fait il préparait 5h, pour faire 1h30, 2h00. Lui après il s’appropriait le truc au feeling, la manière dont il ressentait les joueurs, le training… Il préparait son catalogue et il piochait, il orientait la suite de son entrainement. 

Fabrice Serrano –

Il était obligé pendant son entrainement aussi de noter ce qui marchait ou non. Et cette feuille-là, c’était un brouillon pour ensuite remettre à jour ses exercices, puis il réécrivait son entrainement après.

Nicolas Croisy –

Donc il faisait le travail 3 fois. Et il lui fallait des outils bien particuliers ! Il voulait sa règle, son stylo 4 couleurs… 

Fabrice Serrano –

C’est ça, c’était une préparation très minutieuse. Alors on en riait car il poussait sa méthode à l’extrême, il n’avait pas besoin de ça en réalité, mais lui en ressentait le besoin. C’est vraiment une de ses singularités.

Guillaume Vors –

En plus, d’une année sur l’autre, il aurait pu reprendre les mêmes exercices puisque les joueurs changeaient mais non, il refaisait !

Nicolas Croisy –

Ce qui pouvait l’agacer du coup c’est si il lui manquait un joueur. Car quand il préparait pendant des heures pour 12 joueurs et qu’il en avait 11… Là il était un peu chafouin ! 

"Même en avant-match il avait ses petits trucs à lui, un peu décalé."

Guillaume Vors –

Même en avant-match il avait ses petits trucs à lui, un peu décalé. On n’a jamais montré de vidéo d’adversaires ou quoi par exemple. Par contre il m’appelait souvent le dimanche matin pour me dire “Guillaume, faut que tu télécharges une vidéo que j’ai vu sur Youtube pour montrer aux gamins”, et là il m’envoyait une mixtape de Larry Bird par exemple, il adorait Larry Bird (rire). La plupart des autres coachs n’aurait vu aucun rapprochement, mais lui si.

Il nous disait que son boulot, c’était de préparer les jeunes toute la semaine et qu’en match, c’était le moment pour les laisser s’exprimer. 

Nicolas Croisy –

Oui, il les responsabilisait énormément. Une fois que le match était lancé le jeu appartenait aux joueurs, il leur laissait beaucoup d’initiatives, les joueurs pouvaient même décider si ils allaient défendre de telles ou telles manières. C’est fort quand même. Souvent en tant qu’entraineur, on aime bien contrôler les choses en plus, mais lui il savait lâcher. Il animait tout ça derrière d’une main de maître. 

Fabrice Serrano –

Il lâchait jusqu’à une certaine distance évidemment. 

Nicolas Croisy –

Il disait souvent que le match était la récompense de la semaine.

"Il fallait « être d’autant plus humble en dehors du terrain qu’on était ambitieux sur le terrain »."

Guillaume Vors –

Et il fallait « être d’autant plus humble en dehors du terrain qu’on était ambitieux sur le terrain », c’était sa phrase ça pour les jeunes. Il voulait que ses jeunes aillent aux alley-hoop en match et qu’ils puissent faire leurs stars, mais en dehors du terrain, l’humilité et le respect devaient prôner.

Il avait quand même une relation bien particulière avec les jeunes.

©Christelle Gouttefarde
Nicolas Croisy –

Vraiment, ça pouvait être le papa ou le papi même (rire). Clairement, il s’en occupait beaucoup. Il ne pouvait limite pas accepter qu’un jeune vienne en bus à l’entrainement. 

Guillaume Vors –

C’était marrant car il me disait souvent « faudrait que je leur parle un peu plus », car par exemple on ne faisait quasi jamais de debriefing avec les joueurs ou de choses comme ça, mais il échangeait toujours tellement avec eux, sur les copines, la vie perso, l’école… Il leur parlait déjà énormément.

Fabrice Serrano –

Il était vraiment passionné. Ça ne lui posait pas problème d’aller chercher un jeune à la gare le dimanche soir et ça lui faisait plaisir, ça faisait plaisir aux gamins. Les gamins lui rendaient aussi du coup, ils créaient des liens forts. C’était ses petits poussins. 

"Pierre était quelqu’un qui ne voulait pas déranger. Pas forcément quand on rentrait sur le terrain mais dans sa vie oui. "

Nicolas Croisy –

Sur un terrain c’était sa scène. C’est pour ça qu’on parle du côté artistique. Il rentrait le dimanche à Amédée Mercier, il était sur scène, il jouait son rôle avec coeur. Et les gens aimaient venir le voir coacher, de par sa gestuelle, ses commentaires, ses coups de gueule… C’était vivant. 

Guillaume Vors –

Clairement un artiste ! Sur les matchs c’est sûr, mais même quand on faisait des phases de recrutement. Alors au début sur les premiers instants, c’était l’ours il disait à peine bonjour, puis au bout d’à peine 5 minutes, il tchatchait les parents, il lançait les exercices et plus personne ne voulait partir. C’était un showman ! C’est fou car en dehors du terrain il était peu comme ça, mais dès qu’il entrait sur les parquets… C’était son moment. Et ses joueurs étaient prêts à laisser 3 poumons sur le terrain pour lui !

C’est marrant, quand on nous a annoncé que le Final Four était à Bourg, ça l’a dérangé au début Pierrot. Le fait que ce soit à Bourg, que ce ne soit pas un déplacement, il avait l’impression qu’on n’allait pas vraiment vivre une aventure tous ensemble. Alors finalement, on l’a créé car on est allé dormir quand même à l’hôtel, on a mangé ensemble la veille, etc… Mais il avait l’impression que ce serait différent, que le moment de partage ne serait pas idéal sans ce déplacement, le fait qu’on ne soit pas qu’entre nous. Bon puis finalement, il n’a pas du tout regretté, quand on a vu les 2000 personnes arriver… c’était magique !

Comment on s’inspire de Pierrot en tant qu’entraineur ? Quels apprentissages retient-on ?

Fabrice Serrano –

Ça dépend de chacun je pense. Mais on prend ce qui nous semble intéressant, ce qui nous convient, nous ressemble. Moi je ne prendrai jamais autant de temps à préparer mes entrainements dans la précision écrite. Mais c’est une inspiration dans sa manière de voir le basket, comment faire jouer, comment on veut voir le basket évoluer sur un terrain. On se réunissait là dessus. Avec du partage, du mouvement, du jeu vers l’avant… Des choses basiques peut-être mais qu’il prônait de manière très importante. 

Nicolas Croisy –

On est tous différent c’est sûr. Pierrot allait attacher de l’importance à des choses ou moi ça me passait complètement au dessus et vice versa. Moi en tant que jeune entraineur, j’avais tendance à être tourné vers le négatif, à dire ce qui n’allait pas et lui tout à l’inverse, il m’a emmené du positif, de l’encouragement. On prend aussi des choses dont on se sent capable. Il y a des choses où on n’a pas les capacités pour les retranscrire. Après il y a un esprit général.

"Il avait à coeur de ne jamais refaire les mêmes choses."

Fabrice Serrano – 

C’était sa créativité aussi, il avait à coeur de ne jamais refaire les mêmes choses, c’est ce qui lui prenait aussi beaucoup de temps. Les situations qu’il proposait n’étaient jamais les mêmes d’un entrainement à un autre. Il arrivait toujours à emmener de la nouveauté. Nico et moi on a pris un peu de ça aussi, il nous a amené dans cette direction là. 

Nicolas Croisy – 

C’est ça, casser la routine, qu’il y ait toujours un effet de surprise, quelque chose d’attrayant pour booster les joueurs. 

Fabrice Serrano – 

Après il avait un style aussi oui. Il était prof d’EPS à la base, il avait réfléchit toute sa vie sur le basket, il avait un apprentissage ludique, dans l’action, dans le jeu de manière générale.

Guillaume Vors – 

Clairement, en tant que prof je retrouve cet âme d’éducateur aussi. J’entraine également, et je dis souvent « Je pense que c’est la seule personne qui est capable de coacher et d’emmener vers un tel niveau d’excellence… en faisant de la passe à 10. » (rire). Il rajoutait des petites règles par ci, par là, pour que n’importe quel jeu fasse vraiment travailler techniquement plusieurs points. Pour moi les jeux c’était juste pour s’échauffer à la base, jusqu’à ce que je rencontre Pierrot.

Il m’a souvent raconté l’année où il prend la Pro A en cours de saison pour coacher. Il me disait que certains américains sont arrivés et n’ont rien compris ! Certains ont pété des câbles face aux jeux qu’il proposait (rire), il était en décalage complet. Mais bon le week-end, ils gagnaient donc ça marchait !

Il laisse aussi un bel enseignement humain, même en dehors du terrain.

"Il parlait toujours comme si c’était un tout petit coach, alors que c’était une légende vivante."

Guillaume Vors – 

Il parlait toujours comme si c’était un tout petit coach, alors que c’était une légende vivante. Et si je retiens vraiment quelque chose, c’est qu’il se donnait les moyens pour arriver à ce qu’il voulait, travailler pour réussir, sans forcément en tirer de la gloire, juste pour son accomplissement.

Une anecdote sur son côté humble. Une année au tournoi de Montaigu, Pierrot venait d’être Champion de France avec toute la génération 99, Thibault Desseignet etc… On faisait des soirées où tout le monde était là, les joueurs, les coachs… Et plusieurs jeunes viennent me voir, en parlant avec eux, je me rends compte qu’il pensait que c’était un coach « lambda », qui n’avait encore jamais trop fait de coaching, tellement il leur avait parlé avec une « sur-modestie », alors quand je leur ai raconté son palmarès, ils n’en revenaient pas !

Fabrice Serrano – 

De toute manière c’était quelqu’un de bien, donc les gens l’ont ressenti. Certains jeunes plus que d’autres. Voilà toujours dans la bienveillance, dans le respect… Il leur faisait tellement de choses que tout ceux qui sont raisonnés ne peuvent qu’être reconnaissants et donc tristes à l’heure actuelle, ils ont perdu quelqu’un qui les guidait. 

 

Il donnait sans jamais demander à recevoir. Dans le milieu professionnel, c’est tellement rare en plus. Je pense qu’il était plus à l’aise avec les jeunes pour ça aussi, il savait qu’il n’y avait rien à attendre à part le retour de sympathie et ce que les jeunes lui donnaient par le jeu. Il était aussi très fort sur la formation pour ça. C’était vrai, quand il entrainait les filles en N3, nos jeunes… Ce qui était le plus beau pour lui c’était de voir les personnes se donner à fond, la sympathie qu’elles apportaient au quotidien, les voir s’épanouir dans le jeu. 

"Il donnait sans jamais demander à recevoir."

Le plus dur après pour lui c’était de faire des choix parfois dans ses équipes, tellement il ne voulait laisser personne sur la touche. Mais même dans la vie de tous les jours, il n’aimait pas faire des choix. Au restaurant, impossible de prendre une décision il fallait qu’on lui dise « on mange le plat du jour ». 

Nicolas Croisy – 

Sauf pour le dessert, il savait qu’il voulait sa glace caramel ! (rire) 
Mais non, faire des choix c’est renoncer et ça Pierrot ne le voulait pas.

Fabrice Serrano – 

Pierre était quelqu’un de très émotif, ses sentiments pouvaient être décuplés à certains moments. Mais d’un côté, il gardait beaucoup de choses pour lui, donc ça le travaillait et il ressentait le besoin de s’excuser après. Ou d’en rire. On pouvait rire de tout avec lui d’ailleurs, c’était aussi sa manière de ne pas exprimer les choses. Puis il faisait les mêmes blagues il y a 30 ans, il l’a toujours fait ! 

Nicolas Croisy – 

Il pouvait radoter ses blagues, mais on ne s’en lassait jamais, on appréciait toujours autant. 

À toi Pierrot.

Un grand merci à eux pour leurs témoignages.
 
Un dernier article est à suivre, au tour de ses poussins de nous raconter ce grand homme.