À l’aube d’une saison 2021/2022 synonyme de nouveau cycle à la JL Bourg, Laurent Legname fait le point sur son arrivée et son groupe.

Arrivé à Bourg-en-Bresse il y a plusieurs semaines, Laurent Legname se lance dans un nouveau challenge avec la JL Bourg. Tout est à construire pour faire passer un cap à notre club. Dans cet entretien exclusif réalisé début septembre, notre coach vous explique tout sur son arrivée en Bresse, son état d’esprit et ses différents choix.

laurent legname
Laurent Legname donnant ses consignes lors de l'Ain Star Game 2021 ©Jacques Cormarèche

Coach tout d’abord, après plus d’un mois dans l’Ain, comment vous sentez-vous ?

Bien, ça va bien ! Je prends mes marques petit à petit. Les journées sont bien remplies avec beaucoup de travail durant la présaison. Mais dans les bureaux ça se passe super, je découvre tout le monde, tout le monde me découvre aussi. On a tout ce qu’il faut pour bien bosser ici, il y a une bonne ambiance dans les bureaux, tout le monde va dans le même sens. Sur la ville de Bourg, c’est sûr que ça me change de Dijon, c’est plus petit, mais je vais découvrir au fil des semaines et je vais sûrement trouver des endroits sympas ! Il y a l’air d’avoir de bons petits restaus déjà donc on va voir ! Pour l’instant, c’est surtout les trajets entre la maison et Ekinox pour faire la meilleure présaison possible.

En tout cas, la présaison touche quasiment à son terme. Comment les premières semaines se sont-elles déroulées ?

Je les avais prévenus qu’avec moi et mon staff, la présaison est importante et dure. Il y a une charge de travail en termes de volume et d’intensité qui est très importante. Je leur ai expliqué le pourquoi du comment : on a une saison qui sera très longue avec plus de 50 matchs, donc si les corps ne sont pas prêts pour encaisser ça, on risque des blessures ou des baisses de forme importantes. C’est un passage obligé et je pense que tout le monde est surpris, à part Axel Julien peut-être qui a l’habitude de travailler avec moi. À eux de travailler au quotidien et de répondre à ce que je souhaite.

"Les personnes vont apprendre à me découvrir et je resterai comme je suis"

Vous avez pu avoir un avant-goût avec le public bressan lors de l’Ain Star Game, et vous avez commencé fort en remportant le trophée. Ça envoie un premier signal important aux fans, mais aussi au basket français ce genre de victoire en présaison ?

C’est vrai que l’Ain Star Game est un tournoi important de la présaison, bien qu’il arrive à un mois du début du championnat on a vu que beaucoup d’équipes avaient des blessés et que tout le monde subit ça. Il y a des états de forme qui sont différents donc les résultats importent peu.

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"J'étais très content de voir une salle avec 2500 personnes pour un match amical."

Avant de parler de cette saison, un certain nombre de personnes n’ont pas compris votre déménagement de Dijon à Bourg en parlant de “non-ascension”. Qu’est-ce que vous auriez à répondre à cela ?

Déjà, je n’ai pas trop à répondre, car c’est ma vie et ça m’appartient. Mais effectivement j’ai entendu ça, pas par les réseaux parce que je ne les lis pas, mais pas mal de personnes n’ont peut-être pas compris ce choix-là. Comme je l’ai souvent dit, c’est un choix difficile entre deux très bons clubs. Il y avait peu d’équipes en France où je serais parti parce que j’étais vraiment très bien à Dijon que ce soit en bord de terrain ou à la JDA. Je ne souhaitais pas faire l’année de trop à Dijon, on a eu des résultats extraordinaires, on a fait progresser le club tous ensemble et on l’a amené à un niveau inespéré par rapport aux moyens dont on disposait. On dit toujours qu’il faut partir au sommet et je pense qu’on l’a fait.

laurent legname

Alors en effet, peu de clubs proposaient un challenge légèrement supérieur à Dijon. Mais Bourg en faisait partie. Quand on m’a expliqué le projet, cela a matché. L’entité est reconnue sur son côté innovant, sur son modèle économique, sur sa salle et sur ce qui est proposé autour du basket. L’évolution de moyen est importante et je voulais me lancer un nouveau challenge professionnel en me disant : « j’espère réussir ailleurs qu’à Dijon ». C’est une nouvelle étape dans ma carrière avec légèrement plus de moyens, ce qui ne veut pas dire forcément de meilleurs résultats. Le contexte a beaucoup joué avec beaucoup de points positifs. On dispose de deux salles d’entrainement, d’un staff médical, des conditions de déplacements au top. Il y a vraiment une ascension sur ces dernières saisons qui font que le club veut aller voir plus haut et c’est ce que j’ai souhaité aussi, aider une équipe à franchir un dernier palier pour se pérenniser dans le haut du basket français. Et le fait de jouer l’Eurocup a aussi joué. Toutes ces petites choses ont fait pencher la balance en faveur de la JL, mais je le répète encore, ce fût un choix très très difficile et l’avenir me dira si c’est un bon choix..

Rentrons dans le vif du sujet, pour les supporters bressans, comment décririez-vous la philosophie Laurent Legname ?

Je n’aime pas trop ce terme de « philosophie Legname ». Ma philosophie c’est que je veux gagner. Après je sais que pour gagner, le mieux c’est d’avoir une bonne défense. Comme je dis toujours, la défense est notre meilleur allié. Si un jour où nous ne sommes pas adroits, la défense peut toujours nous aider à gagner. Si nous n’avons pas une bonne assise défensive, collective, on peut aller vers beaucoup de déconvenues. Quelle que soit l’équipe, quels que soient les moyens, il faut partir d’une défense qui tienne la route, que ce soit individuellement avec des joueurs qui s’investissent et se donnent à 200%, ou que ce soit collectivement. Il est donc vrai que j’aime beaucoup souligner ces principes défensifs dans mes discours à l’entrainement ou avant les matchs.

En attaque, il y a aussi beaucoup de discipline avec la volonté que chacun, dans son rôle et dans sa capacité, contribue à la réussite offensive de l’équipe avec le partage du ballon, la recherche de l’extra-pass et du meilleur tir possible. Mais je ne pense pas que j’invente quelque chose, je veux seulement gagner et cela passe par ces principes-là.

On va détailler un peu chaque élément de la construction de votre équipe. Mais tout d’abord, parlons de votre staff. Frédéric Wiscart-Goetz vous a suivi à Bourg, on sent votre relation très fusionnelle. Gérald Simon était déjà au club quant à lui. Comment cela se déroule entre vous ?

"Je suis très content de m'appuyer sur Fred et Gérald."

Quel est le rôle de chacun dans ce staff ?

gérald simon laurent legname et frédéric wiscart-goetz
La nouvelle triplette du staff de la JL Bourg. De gauche à droite : Gérald Simon, Laurent Legname et Frédéric Wiscart-Goetz

Je répartis les rôles et on se répartit le travail ensuite. Mais il n’y a pas d’assistant numéro 1 ou 2. Il y a beaucoup de travail avec les deux compétions que sont l’Eurocup et le championnat donc on se répartit le travail individuel, la vidéo, les entrainements.

La saison va être assez longue avec la nouvelle formule de l’Eurocup, en termes de densité. Sentez-vous les joueurs prêts après deux années tronquées par les arrêts ?

Effectivement, c’est pour cela qu’on fait une présaison dans la dureté. Ce sera à nous, le staff, de bien manager au niveau du mental, plus que physique. On a terminé la saison tardivement l’an passé et je pense qu’il y aura une usure mentale pour les joueurs et pour nous coachs. Au début, on a l’adrénaline, mais durant la saison il faudra ménager pour garder la fraicheur mentale. En tout cas, les joueurs savent pourquoi ils sont ici, avec trois challenges (Championnat de France, Eurocup et Coupe de France dans un premier temps) à l’affiche et deux rencontres par semaine.

En parlant d’Europe, êtes-vous enthousiaste de relever ce challenge ?

Avez-vous des équipes qui vous attirent ?

Non franchement, non… Ce ne sont que de beaux matchs avec de gros effectifs en face !

Comment seront gérés l’enchainement des rencontres et les voyages en Europe ?

Comme j’ai eu l’habitude avec la BCL et ses quatorze matchs de saison régulière. On sait qu’on va enchainer les week-ends de championnat et qu’il faudra basculer sur la préparation du match d’Eurocup puis vite se remettre dans le bain de la Betclic Elite. En fonction des déplacements et des matchs à la maison, on adaptera les entrainements qu’on devra continuer à effectuer pour garder le rythme et l’intensité. Ce sera le job du staff de gérer tout
cela de mi-octobre à début avril. Habituellement, cela s’arrête vers la Leaders Cup. Ensuite, pourquoi pas aller voir plus loin si on arrive à se qualifier. C’est pour ça qu’il faut être prêt
mentalement et physiquement pour ne pas se chercher d’excuses et rester performant sur chaque tableau. D’où le fait de jouer à dix joueurs où chacun aura son rôle et son importance.

Eric Mika et Laurent Legname
Eric Mika habitué à l'Eurocup et Laurent Legname qui la découvrira seront sur le front en Eurocup cette saison ©Jacques Cormarèche

Avez-vous fixé des objectifs à votre équipe pour cette saison ?

"Chaque match doit être abordé comme un match important, c'est cet esprit-là que j'essaye d'inculquer aux joueurs !"

Dans les prochaines années, la JL Bourg espère passer une nouvelle étape et décrocher un titre. Beaucoup de joueurs ont signé pour une année. Construisez-vous tout de même dans la durée en espérant que certains restent l’an prochain ?

Les Français ont normalement presque tous au moins deux ans de contrat. Pour les étrangers, c’est généralement un an, mais si ça marche, pourquoi ne pas les fidéliser comme cela a été fait ici auparavant ou à Dijon ? Mais moi, je suis toujours sur le court terme, je suis avec cette équipe pour cette année-là. Il faut construire très rapidement avec beaucoup de choses à voir. Je sais que ça va prendre du temps, car il n’y a aucune continuité par rapport à l’année dernière au niveau du coaching.

Pour finir qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison ?

Dans la deuxième partie, nous reviendrons sur la revue de l’effectif et la présentation des joueurs par leur nouveau coach. À lire très rapidement…

Propos recueillis par Corentin Maréchal