Crédit Photo : Hervé Bellenger / IS

Durant cette pause sportive, nous avons décidé de vous faire revivre les 20 dernières années de la JL. Aujourd’hui, à la loupe la période allant de 2004 à 2009. 

Retrouvez ici la première partie : 1999-2004, l’éclosion d’un club

PARTIE 2

Les années Bonheur

L’arrivée d’un homme va changer beaucoup de choses au sein de la JL Bourg. Frédéric Sarre, limougeaud de sang et à l’origine du triplé palois en 2003 (Champion de France, Semaine des As et Coupe de France), prend la suite à Bourg-en-Bresse. Au bout de dix journées, la tribu burgienne n’a jamais été aussi bien placée avec cinq succès. Les choix de l’actuel directeur sportif du club font leurs preuves durant plusieurs mois et les coéquipiers de Curtis Bobb et Ken Johnson établissent un record de quinze victoires en trente-quatre journées. Le public de Charles Robin a, durant cette année, vibré à la maison en voyant son équipe s’incliner seulement cinq fois et n’a jamais eu le sentiment de trembler pour une relégation. Cela faisait donc longtemps que les supporters burgiens n’avaient pas été aussi sereins et ce petit village gaulois résiste enfin à l’envahisseur en devenant une belle citadelle.


À cette époque, le format des Playoffs est plutôt différent de celui que l’on connait aujourd’hui. En effet, les Bressans qui terminent à la onzième place du classement décrochent leur qualification pour ce qui sera le premier tournoi post-saison régulière. Face au champion en titre palois et ancien club de coach Sarre, la Jeu n’arrivera pas à remporter une manche. Les supporters burgiens restent tout de même satisfaits et pourtant, cette belle épopée en appelle une plus belle !

Fred Sarre

On le dit haut et fort : qui pourrait oublier cette saison 2005-2006 ? Personne ! Après avoir été LA surprise, la Jeu va renouveler ses exploits. Pendant longtemps, cette performance a été la meilleure de l’histoire de la préfecture de l’Ain malgré les changements dans l’effectif à l’intersaison. Le staff burgien avec sa doublette Sarre-Simon a construit un groupe bien équilibré et collectif. Pas de super star. Kelvin Torbert meilleur marqueur (12,1 points) n’avait pas besoin d’être plus performant offensivement. Derrière, Jérôme Schmitt qui ramène une médaille de bronze des Championnats d’Europe (10,7 points), l’actuel second assistant de la JL Slobodan Savovic (10,3 points), Sherman Gay (10 points), Branko Sindjelic (9,7 points) et Reggie Bassette (9,3 points) ont tous apporté leur pierre offensive. En conséquence, après quatre journées la Jeu pointe à la toute première place du classement.
La suite est encore plus belle, car à la clôture de la phase aller, la première qualification pour une Semaine des As qui aura lieu Dijon (équivalent DisneyLand Paris Leaders Cup) est obtenue. Et personne ne pense alors voir la JL faire long feu dans cette compétition. Pourtant, c’est en héros que les Bressans vont compléter ce tournoi de mi-saison.

Article du Progrès à l'époque

En quart de finale, la Jeu doit affronter le grand Pau-Orthez, contre qui elle a perdu en championnat quelques jours plus tôt. Au soir du vendredi 17 février 2006, Sindjelic (23 points à 4/4 à 3 points) pour son trente-deuxième anniversaire et Savovic (22 points à 5/7 à 3 points et 7 rebonds) portent leurs coéquipiers vers un premier exploit. Pau est une valeur sûre et après un début compliqué, la Jeu passe devant à la pause avant d’accrocher la prolongation. 5 minutes supplémentaires où les Palois craquent (80-89). Le Progrès titre alors “Pau viré par Bourg !” au soir de cette première historique et Branko y déclare : “Seules nos femmes pensaient que nous étions capables de gagner contre Pau !”. Il faut être clair. Personne ne voyait la Jeu créer la sensation.

Difficile alors de renouveler une performance identique. Cependant l’équipe est galvanisée. Se présent alors le SLUC Nancy, tombeur la veille de Strasbourg. Savovic se place en véritable leader (25 points et 6 rebonds) alors que Sherman Gay prend le relais (19 points et 12 rebonds). Souvent, la Jeu aura été au bord du gouffre, mais elle est bien intouchable et vient à bout de Nancy après pas moins de deux prolongations (92-90). Les compliments fusent dans tous les sens après cette deuxième performance. La petite équipe au presque 2 millions d’euros de budget vient d’éjecter le plus gros budget (5,5 millions) puis une autre belle place du basket français (3 milions).

On le sait, l’ultime face à face contre les Manceaux s’annonçait compliquer avec pas moins de quinze minutes supplémentaires dans les pattes. Schmitt, Sindjelic et Torbert ont tenté de faire vaciller le futur champion de France (12 points chacun) qui remporta largement ce duel (78-60). Une aventure qui reste aujourd’hui gravée encore dans les têtes de chacun.

Retrouvez quelques articles du Progrès sur la compétition :

Place de la finale

La saison continua plus difficilement pour la formation burgienne qui termina tout de même à la treizième place avec une nouvelle qualification pour les Playoffs et un nouveau record de seize victoires. Une nouvelle fois, le tour préliminaire fut la dernière étape d’un bel exercice. En retrouvant Le Mans, la JL prit une petite revanche en s’imposant lors du premier face à face (73-68). Pour autant, le MSB filera ensuite vers le titre sans ne plus s’incliner une seule fois dans cette après saison.

Poster de la saison 2005/2006

La lourde chute

La JL Bourg semble s’être fait une place dans ce championnat. Pour sa septième saison consécutive, elle voit une nouvelle fois son effectif grandement changer. Fred Sarre rejoint Gravelines avec Schmitt dans sa poche et seuls les “yougos” Boban Savovic et le « Maire » Branko Sindjelic restent en place en terre bressane. François Perronet arrive pour prendre la tête de l’effectif. La saison ne débute pas si mal malgré l’historique 28 à 0 encaissé à la maison en cinq minutes contre Roanne puisque la Jeu enchaîne par une série de trois succès après trois revers. D’ailleurs Sindjelic, évoquait cette dure soirée dans une interview du Progrès : «  Je me souviendrai toujours du match contre Roanne où l’on prend un 28-0 pour démarrer la rencontre. Cinq minutes horribles où l’on rate tout, des dunks, des lancers francs. Au moment où il me sort, il me tend la main et me dit « Bien joué ! ». Je lui lance un regard noir, « Bien joué pour quoi ? On perd 28-0 ! ». ».

Cette équipe va subir beaucoup de changement entre mauvais choix et blessures. Neno Asceric débarque alors pour essayer de sauver les meubles avec deux nouveaux pigistes. Une victoire comme électrochoc puis la Jeu continue de s’enliser… Il faut dire qu’avec le passage à seize équipes et trois descentes, le club semble bien bloqué dans une spirale infernale. Là où l’on venait avec la peur au ventre, là où la JL renversait les gros, là, Bourg semble bien condamné. Avec huit victoires et une dix-septième place, la relégation semble bien logique. Pas moins de vingt joueurs auront porté les couleurs burgiennes lors de cette saison cauchemardesque où Savovic n’aura même pas pu évoluer à cause d’une blessure au tendon d’achille qui mettra un terme à sa carrière. Bref, il va falloir se reconstruire en Pro B. Avec un nouveau costume sur les épaules : celui de favori.

L’espoir d’un retour

L’objectif est donc clair. Faire l’ascenseur. Le club se dote d’un directeur sportif avec un ancien joueur du club entre 2001 et 2003 : Maurice Beyina. Côté coaching, Jean-Michel Sénégal prend les rênes en proposant un jeu d’attaque et seul Ludo Chelle garde son poste dans l’effectif.
La phase aller est plus que réussie pour les Burgiens avec seulement cinq défaites dont une seule à domicile. Charles Robin revit avec des ambiances de folie et un basket totalement tourné vers l’offensive (85,2 points de moyenne). Raphaël Desroses (13,8 points) se place en leader, Kareem Reid (12,2 points et 8,4 passes) en sérial passeur, Ludo Chelle (11,7 points) et Gary Chathuant (11,6 points) en artilleur et Boakai Lalugba (11,3 points) en pivot d’impact avec le renfort plus tard de la peinture avec Brian Heinle.

En somme, la Jeu fait la course en tête. Sauf qu’elle bute deux fois contre Aix-Maurienne, deux fois contre Quimper, deux fois contre Poitiers et surtout deux fois contre Rouen avec une défaite à domicile d’un tout petit point (74-75). Le club normand fait la course derrière les Bressans tout au long de l’exercice. Bourg ne lâche tout de même pas, et à deux journées de la fin, a totalement les cartes en main. Seulement, Poitiers vient, déjà en bête noire, s’imposer à Bourg (100-104). À Limoges, la saison se clôture avec un nouvel échec. Dans le même temps, Rouen efface ses deux victoires de retard et vient recoller avec vingt-trois rencontres remportées. Le pire des scénarios est là ! La Jeu n’a pas l’avantage en cas d’égalité et doit donc s’en remettre aux Playoffs.

La compétition débute mal contre Nantes. Heureusement, l’équipe corrige le tir à l’extérieur et vient à arracher sa qualification au match 3. Il faut le dire, la JL est sûre d’avoir l’avantage du terrain avec l’élimination de Rouen. Cependant, l’histoire face à Poitiers nait, un duel désormais bien ancré dans les têtes va débuter. La JL prend sa revanche contre Poitiers (87-74) lors du premier tour avant d’aller s’incliner du côté de Lawson-Body (85-95). Charles Robin est en folie pour la belle mais ce sont bien les poitevins qui décrochent leur place en finale (86-92). Des regrets il y en aura ! Encore une fois, il faudra garder ça en tête pour la suite. Une suite tout aussi frustrante…

Le but reste en effet le même. Remonter en Pro A. Sauf que le paysage change avec désormais une équipe burgienne qui passe à la défensive. Didier Dobbels est choisi comme coach et impose cette nouvelle formule en conservant Chelle, Chathuant, Lalugba et Bronchard. On a alors l’impression de revoir une saison identique à la dernière avec treize victoires sur la première phase et une petite chute sur la seconde. Pourtant la troupe emmenée par Justin Ingram (18,2 points et 5,1 rebonds) et Terrance Johnson (12,7 points) et qui compte un véritable stoppeur avec Jacques Wampfler, va terminer avec le même bilan qu’en 2007-2008. Pas à la même place pour autant car Poitiers (26v-8d) et Paris-Levallois (28v-6d) trustent les deux premières places. Décidément, le costume de favori ne réussit pas à cette équipe qui, sur le papier, semble presque aussi solide que le leader qui descend de Pro A.

Il faudra donc repasser par la case Playoffs. La JL Bourg a le droit à une revanche tant attendue face à Poitiers, mais le contexte est plutôt dans l’effet miroir. Effectivement à l’inverse du dernier exercice, l’avantage du parquet est pour les pictaviens et en plus, les deux rencontres de saison régulière se sont soldées par deux victoires de la JL Bourg. Un signe pour la JL ? D’autant que sur un tir au buzzer de Justin Ingram, la première manche est burgienne (75-77). À la maison, la Jeu tient bien sa revanche et dans une salle de nouveau à guichet fermé, debout presque toute la rencontre, qui pousse, qui pousse… Poitiers vient s’imposer (64-71). Ce coup sur la tête est de trop et l’ultime manche est un véritable calvaire pour la JL (69-49). Comment la JL va pouvoir se relever ? En tout cas elle n’aura plus à croiser sa désormais bête noire la saison prochaine, car celle-ci s’envole pour l’élite.

Corentin Maréchal
EN CHIFFRES

Classements

04-05 | Pro B | 11ème sur 18
15 victoires - 19 défaites
05-06 | Pro A | 13ème sur 18
16 victoires - 18 défaites
06-07 | Pro A | 17ème sur 18
8 victoires - 26 défaites
07-08 | Pro B | 2ème sur 18
23 victoires - 11 défaites
08-09 | Pro B | 3ème sur 18
23 victoires - 11 défaites

Meilleurs joueurs

Meilleur marqueur : Saddi Washington (15 points)
Meilleur rebondeur : Ken Johnson (5,2 rebonds)
Meilleur passeur : Steeve Essart (5,3 passes)

Meilleur marqueur : Kelvin Torbert (12,1 points)
Meilleur rebondeur : Jérôme Schmitt (6,1 rebonds)
Meilleur passeur : Pierric Poupet (3,1 passes)

Meilleur marqueur : Silas Mills (15,1 points)
Meilleur rebondeur : Silas Mills (7,1 rebonds)
Meilleur passeur : Brian Swift (4 passes)

Meilleur marqueur : Raphael Desroses (13,8 points)
Meilleur rebondeur : Cédric Melicie (6,1 rebonds)
Meilleur passeur : Kareem Reid (8,4 passes)

Meilleur marqueur : Justin Ingram (18,2 points)
Meilleur rebondeur : Boakai Lalugba (7,1 rebonds)
Meilleur passeur : Justin Ingram (5,1 passes)