Étiquette : Interview

Alen Omic “Je donne tout pour revenir encore plus fort”

Avant le match contre Ljubljana ce soir, Alen Omic notre pivot slovène écarté des parquets pour 45 jours, nous parle de l’évolution positive de sa blessure ainsi que de ses impressions avant la rencontre contre son pays. 

Alen, aujourd’hui ton équipe voyage en Slovénie, dans ton pays, et tu ne peux malheureusement pas être du voyage… Comment te sens-tu ?

Je me sens triste de ne pas pouvoir voyager avec eux. Je dois rester ici car j’ai des entrainements thérapeutiques avec le kiné et les coachs, je dois me rétablir au plus vite.

Mais je suis vraiment déçu de louper ce match. Tout d’abord car c’est en Slovénie et mon pays me manque beaucoup, mes amis me manquent également. Et deuxièmement ça va être un gros match, très important pour l’équipe. Mais c’est la vie, je dois en tirer le meilleur et revenir de ma blessure encore plus fort qu’avant !

As-tu parlé avec tes coéquipiers de ce match, à quel point il est important pour toi ? 

Oui j’en ai parlé un peu. J’ai parlé de plusieurs joueurs de Ljubljana, Jaka BLAZIC d’abord, puis le meneur Kendrick PERRY ou encore Edo MURIC. Tous mes coéquipiers savent, ils connaissent leur jeu, leur agressivité. Ljubljana c’est une équipe qui n’abandonne jamais, qui se bat pour chaque ballon, c’est une très bonne équipe. 

Tu vas regarder le match à la télévision ce soir ?

Bien sûr, je vais regarder mes gars, je vais les supporter à fond. Je suis certain à 99% qu’ils y vont avec la mentalité de gagner ce match. Je sais qu’ils peuvent faire du bon travail là-bas à Ljubljana. Et si ils gagnent ce soir, ça change absolument tout. En plus, si on travaille bien sur ma blessure avec l’ensemble du staff médical qui m’entoure, je pourrais peut-être être prêt rapidement pour revenir sur les parquets et finir ce Top 16.

"Je vais faire de mon mieux pour revenir très vite et encore plus fort dans l’équipe."

Peux tu nous dire ce que tu fais au quotidien pour te soigner, comment te sens tu ?

Honnêtement je me sens très bien. On fait du super boulot avec le staff, je viens tous les jours à Ekinox pendant 3 à 4 heures pour travailler sur ma blessure. Zlatan, le kiné du club, m’aide tous les jours et c’est super important pour moi, je fais beaucoup avec lui et avec Thomas Faivre quand Zlatan est en déplacement. Ca fait maintenant 3 semaines, je les remercie vraiment et je vais faire de mon mieux pour revenir très vite et encore plus fort dans l’équipe !

Le mot du kiné

“Cela fait 18 jours que je travaille avec lui ainsi que l’ensemble du staff médical du club.
Son évolution est très bonne et satisfaisante au niveau de son genou. Chaque jour, nous travaillons en salle de soin et encore plus à la salle de musculation pour renforcer son genou. C’est vraiment agréable de bosser avec un gars comme lui, il est super motivé et il se donne à 100% à chaque instant de sa rééducation pour revenir le plus vite, et surtout pour revenir plus fort ! Je pense qu’il risque de surprendre beaucoup de monde à son retour sur les parquets.”

On a hâte de te retrouver sur les parquets, bon rétablissement à toi Alen ! 

©Jacques Cormarèche

Ils nous racontent Pierrot (3/3) – Ses poussins

Un collègue, un ami, un coach, un symbole, une philosophie, des valeurs… Pierre Murtin a été et sera toujours tellement pour notre club, pour le monde du basket et pour chacun de nous. 

Au travers de différents témoignages, nous avons souhaité rendre hommage à cet incroyable parcours et à cet homme si unique. 

Si le coeur vous en dit, nous vous invitons donc à suivre ces lignes, où Présidents, collègues, amis et jeunes “nous racontent Pierrot”.

Ils nous racontent Pierrot

Pour terminer cet hommage, nous avons souhaité donner la parole à sa dernière génération de U18 auprès desquels il a tiré sa révérence sur le titre de Champion de France. Au tour de ses jeunes, ses poussins, qui ont pu nous parler de ce coach si bienveillant et si aimant . 

Benjamin Curis

Arthur Simon

Hugo Benitez

Corentin Falcoz

Tom Dary-Sagnes

Elian Benitez​

Maxim Ilvovskiy

Anthony Soustre

"Pierre c’était un amoureux et un passionné. "

Les premiers mots pour évoquer Pierre.

Arthur Simon –

Passionné. 

Maxim Ilvovskiy –

Enthousiaste. Dans tout, tout le temps.

Elian Benitez –

Humble aussi évidemment, il disait toujours “c’est eux d’abord, c’est les jeunes”. Alors que sans lui il n’y aurait pas tout ça.

Corentin Falcoz –

Entier, Pierre il était toujours à fond et il faisait tout à 100% que ce soit sur les déplacements, les entrainements, les matchs, il faisait tout à fond et il prenait tout à cœur. 

"Avec lui il y avait un triple projet, les trois S."

Benjamin Curis –

C’était un style de vie. Il fallait être passionné par ce qu’on faisait, être à 100% dans le basket, il fallait être juste avec tout le monde, être correct au niveau des cours c’était vraiment un tout. Avec lui il y avait un triple projet, les trois S : le sport, le scolaire et le sentimental. Pierre c’était un amoureux et un passionné. 

Tom Dary-Sagnes –

Attentionné finalement. Il voulait nous donner du confort, pour lui c’était normal, c’était sa nature. Il faisait passer notre bonheur, notre bien-être avant le sien, quitte à ce que lui se lève 2 heures plus tôt.

Hugo Benitez –

Pierre avant d’être notre coach c’était notre ami, notre papa, il s’occupait de nous, il voulait savoir si tout allait bien à l’école, quand on était malade… Si il sentait qu’on n’était pas bien, il disait ce n’est pas grave restez chez vous. C’était vraiment comme notre père.

Il faisait les choses avec classe, y compris ses entrainements

Hugo Benitez –

Il était très rigoureux, quand on arrivait aux entrainements, on le voyait il avait un cahier énorme avec tous ses entrainements notés et s’il fallait se lever avant pour préparer ses entrainements, il le faisait, il passait des heures à les écrire pour qu’il soit parfait et après chaque entrainement il mettait une note et il nous disait, si cet exercice avait bien marché il le referait.

"Si on n'était pas 100% à fond ça n’allait pas, c’était le respect qu’on lui devait."

Tom Dary-Sagnes –

On voyait ses cahiers quand on prenait des pauses en bord de terrain, on regardait discrètement et c’était impressionnant, il notait la date, qui s’était entrainé, ses petites annotations… Nous, on avait jamais vu ça ! Puis avec ça, il cherchait toujours à s’améliorer, si quelque chose n’allait pas il modifiait pour que ça fonctionne les fois d’après.

Arthur Simon –

Oui il expliquait tout dans ses cahiers ! Et on le voyait quand il avait moins préparé un entraînement, il était moins exigeant mais quand il avait préparé la séance, là il fallait être dedans. Si on n’était pas 100% à fond ça n’allait pas, c’était le respect qu’on lui devait. Il nous disait « si vous ne voulez pas vous entrainer pas de soucis, mais si vous êtes là c’est pour le faire à fond ».

Elian Benitez –

C’était super recherché en plus ses entrainements, ça m’avait étonné quand je suis arrivé à la JL. Maintenant je comprends pourquoi il y passait autant de temps ! C’est le coach avec lequel j’ai fait le plus de jeux aussi ! Mais on travaillait vraiment pendant ces jeux-là, et je pense que c’est ce qui nous a permis d’être une équipe moins athlétique mais qui jouait vraiment vite. 

Et les matchs à ses côtés alors ?

Benjamin Curis –

Le premier match que j’ai fait à la JL, je suis arrivé dans la salle à Amédée Mercier, il était en train de passer le balai dans la salle et il avait déjà affiché tous nos maillots sur les portiques, il avait mis en place la table, les bancs, les bouteilles d’eau, il avait déjà mis les numéros sur le tableau c’était déjà tout écrit ce qu’il voulait dire, tous les schémas qu’il voulait nous montrer…

Arthur Simon –

Après il y avait ses speechs d’avant match. Tu vois à Amédée Mercier, vers la petite forêt et le terrain de pétanque, et bien lui il s’asseyait sur le banc et il relisait son speech.

Corentin Falcoz –

Il tournait, il était avec sa feuille, pendant 1h il restait derrière le banc et il faisait 20 000 pas en lisant son discours, il marchait, il marchait, il marchait… On avait l’impression qu’il ne s’arrêterait jamais et après son discours était parfait.

"Il affichait toujours le même mot sur le tableau « R E S P E C T »."

Maxim Ilvovskiy

Son speech c’était toujours des métaphores, des charades, des rébus, des mots croisés même. (rire)

Arthur Simon –

Dans le vestiaire d’Amédée il y avait une image de James Naismith, le créateur du basket, et Pierrot il avait un post-it avec un smiley content et l’autre pas content. Et en fonction du match qu’on faisait, il mettait le smiley ! Ça semble bête mais il le prenait vraiment à coeur, c’était important ce smiley.

Elian Benitez –

Au premier tournoi à Montaigu en général, il affichait toujours le même mot sur le tableau « R E S P E C T », le T correspondait à Travail et le R à Réussite et c’était toutes les étapes pour aller du travail à la réussite, le tout dans le respect des consignes.

Hugo Benitez –

Dans les discours de Pierre franchement il n’y avait pas beaucoup de basket, il parlait beaucoup du vivre et du jouer ensemble, pas forcement très technique. 

Benjamin Curis –

Ce qui ressortait le plus pendant ses discours c’était qu’il fallait qu’on joue ensemble, qu’on soit passionné par ce qu’on fasse et qu’on mette les tripes, il fallait se donner à 100%, pour lui c’était le plus important.

Arthur Simon –

Il nous mettait vraiment en confiance. Il répétait toujours que les U18 on était la meilleure équipe de toutes, qu’on s’en fichait des pros, c’était nous avant tout.

Tom Dary-Sagnes –

C’est vrai qu’on en chiait toute la semaine, ses entrainements étaient très physiques, on était toujours à fond et on s’en rendait compte même en match, on étouffait l’adversaire tellement on était à fond. On donnait tout pour lui, on voulait gagner, on voulait lui faire plaisir. Et il nous le montrait bien à sa causerie d’avant match, on était prêt direct.

Hugo Benitez –

Moi aussi ce qui m’impressionnait avec Pierre, c’est à Amédée Mercier, il y avait nos parents derrière lui et à chaque temps mort, tout le monde arrêtait de parler, même les spectateurs écoutaient le discours. 

Le Final Four c’était aussi sa sortie, vous en aviez conscience sur ce dernier match ?

Corentin Falcoz –

On avait su assez tôt qu’il allait arrêter, on savait qu’il allait laisser sa place.  

Benjamin Curis –

Avant ce Final Four, il était plus tendu aux entrainements, il stressait beaucoup, il savait que pour lui c’était un peu la consécration de son basket, c’est le basket qu’il aimait et qu’il nous a appris. Il était un peu stressé ouais, mais il essayait de ne pas trop le montrer, nous on le connaissait et on savait.

Corentin Falcoz –

Quand on est arrivé la veille du match il était vraiment stressé. Moi j’avais mangé en face de lui et c’était quelque chose, il n’arrivait pas à manger il était tout stressé !

Hugo Benitez –

On s’en est vraiment rendu compte quand c’était la finale, on savait que c’était sa dernière et nous quand on a gagné c’était trop beau mais c’était lui surtout. C’était grâce à lui, on lui a vraiment offert un cadeau de fou et on ne s’en rendait même pas compte. Il y avait plein de personnes que l’on ne connaissait pas mais qui était très importantes pour lui, c’est la plus belle des récompenses.

"C’était incroyable de finir comme ça devant tout le monde."

Tom Dary-Sagnes –

C’était presque sûr qu’on allait gagner, on était tellement prêt, tellement sûr de nos forces. On aurait pu mourir pour ce titre ! Ça a été chaud contre l’Asvel mais contre Nanterre on a déroulé. On était imbattable à ce moment là.

Elian Benitez –

À la finale, je crois que tout notre basket est ressorti. Ça résume exactement notre équipe de l’année, tout le monde a vu arrivé Nanterre hyper musclé grand, rien à voir avec nous, alors qu’on gagné de 50 points. 50 points en finale ! Je ne sais pas si ça a déjà été fait !

©Jacques Cormarèche
Maxim Ilvovskiy

C’était pile le jeu qu’il voulait dans sa tête en plus, il était trop content.

Arthur Simon

On le voit sur une photo, il y a un moment où Max il va au dunk justement et sur la photo tu vois Pierre derrière avec un immense sourire. À tous les entrainements il le poussait à écraser le dunk, à y aller, et là il le fait, au Final Four, c’était trop bien !

Corentin Falcoz

C’était incroyable de finir comme ça devant tout le monde. C’était le plus beau pour lui je pense.

Benjamin Curis –

Comme il disait, pour lui on était les meilleurs. Il nous a transmis sa vision du basket. On faisait du 5 contre 5 sans dribble des choses que je ne pensais jamais faire encore à ce niveau là, on faisait beaucoup de contre-attaques, on ne faisait que courir. On a joué 3 ans sur 4 systèmes et ça a marché ! (rire) 

Hugo Benitez –

Même des fois quand on arrivait, on faisait des exercices, on les répétait beaucoup, on en avait marre, le soir on avait mal aux jambes, on était presque énervé contre Pierre. Après on arrivait le dimanche et on gagnait de 40 points contre des grands gars, donc ça en valait la peine !

Tom Dary-Sagnes –

Il était tellement humble, il passait son temps à dire « c’est pas moi, c’est grâce à eux ». Alors que sans lui, je sais pas où on serait mais loin de tout ça ! Si on prend les 10 joueurs qu’on avait, je ne sais même pas si le centre de formation nous aurait voulu. (rire) Mais Pierre accorde tellement d’importance à ce qu’il y a en dehors du basket. Il préférait un joueur « intelligent », qui réfléchit plutôt qu’un joueur athlétique. 

Arthur Simon –

Jean-Luc Tissot était pareil à ce niveau là, ils étaient toujours tous les deux. Je pense qu’il le canalisait pendant les entrainements aussi et les recrutements, Pierrot il était toujours trop à fond, tout le temps ! Il n’y avait pas d’entrainement où on pouvait se dire qu’on allait y aller tranquille. 

Tom Dary-Sagnes –

Je me souviens, les mercredis à la cantine c’était toujours « frites » au menu, et nous on avait entrainement direct après et on courrait pendant une heure, le mercredi c’était course, on en pouvait plus, on transpirait la graisse des frites ! (rire) 

©Christelle Gouttefarde

Et un Pierrot qui s’énerve, ça arrivait parfois ?

Benjamin Curis –

Quand Pierre s’énervait, il gueulait fort et ensuite c’était ton meilleur ami après que sa colère soit passée.

Arthur Simon –

Il s’adressait toujours à tout le monde aussi quand il faisait une réflexion, il ne pointait jamais du doigt quelqu’un. Bon tu savais que c’était toi qui avait fait une connerie mais il ne le disait pas (rire).

Maxim Ilvovskiy –

Un jour il s’était vraiment énervé à un entrainement. Et le lendemain matin, dans le mini-bus il a distribué à chacun d’entre nous une lettre tout écrite à la main, où il s’excusait. 

Corentin Falcoz –

Je me rappelle ce soir là, il avait arrêté l’entrainement et le lendemain on avait reçu une lettre de sa part, « les gars je m’excuse, vous me comprenez c’est la passion qui prend le dessus ». Il nous envoyait des longs messages pour s’excuser, alors qu’il aurait pu ne pas s’excuser, des fois on les méritait ses engueulades !  

Tom Dary-Sagnes –

Il s’en voulait trop, ça l’avait trop travaillé. Pierre c’était tout le temps ça, il nous engueulait et après il s’excusait direct !

Arthur Simon –

Il répétait « moi je suis un colérique, mais ça ne dure pas, je reviens vite après, j’ai déjà oublié »

"C’est un grand homme et un exemple pour moi."

Pierre aura marqué toute votre génération avec des enseignements inoubliables.

Corentin Falcoz –

Il nous a marqué humainement déjà, toujours avoir le sourire, toujours être content d’être sur le terrain.

Hugo Benitez –

Un mec qui adore le basket et à chaque fois que je me souviens de lui, je me souviendrai toujours de la manière dont il criait, il donnait son énergie, des fois on avait l’impression qu’il avait plus envie que nous de jouer au basket.

Benjamin Curis – 

On a joué un basket tellement atypique avec lui et on est trop fier de ça et puis il nous a quand même fait gagner deux titres, c’est grâce a lui aussi. Mais humainement, même en dehors du terrain, il nous pousse à être meilleur chaque jour, à être de meilleures personnes. Il disait toujours « on gagne mais pas en marchant sur les autres, juste en jouant notre basket » et il ne fallait pas nuire aux autres, le fait de jouer ensemble, c’est la chose qu’il essayait de véhiculer le plus.

C’est un grand homme et un exemple pour moi dans la manière d’être avec les autres et les valeurs qu’il a pu nous transmettre.

Corentin Falcoz – 

C’est une légende à tous les niveaux, il n’y a pas d’autres mots.
Il ne parlait jamais de ce qu’il avait fait auparavant. Il nous disait juste qu’il mettait tous ses 3 points (rire). Il était trop humble pour parler de lui.

Tom Dary-Sagnes – 

Puis l’empathie, il se mettait toujours à la place de l’autre. Alors qu’aucun coach ne fait ça. Quand on était fatigué, il comprenait ce qu’on vivait alors que n’importe quel coach se dirait « t’es en centre de formation, t’es là pour ça »

"C’était l’humain avant le joueur."

Arthur Simon – 

C’était l’humain avant le joueur. On ne s’en rendait pas compte je pense mais c’est tellement rare. 

Tom Dary-Sagnes – 

Il s’intéressait à notre vie personnelle aussi, mais sans être intrusif. Il sentait toujours, il avait toujours les bons mots. Il nous connaissait tous tellement bien. Il disait toujours qu’on était des petits cons, mais c’était sa manière de dire qu’il nous aimait, c’était affectif.

Anthony Soustre – 

L’année dernière, il y a plein de moments où je n’étais pas très bien. Et il venait au 3 Saules pour me voir, pour me parler. Cette année, même quand il était malade c’était pareil, toujours à me demander des nouvelles et ça m’a tellement aidé.

"Je pense qu’il faut être fier de l’avoir connu."

Arthur Simon – 

Il nous aimait en fait. 

Elian Benitez – 

C’était aussi « vivre l’instant » avec Pierre. Ça ça m’a marqué. Il a rendu plein de gens heureux, vraiment.

Tom Dary-Sagnes – 

Je pense qu’il faut être fier de l’avoir connu, sa vision de la vie et du basket elle est tellement unique qu’il faut la faire perdurer, il faut la transmettre. C’est le meilleur hommage qu’on peut lui faire.

©Christelle Gouttefarde

À toi Pierrot.

Merci à eux pour leur courage et leur sincérité. 

Merci à tous pour vos nombreux témoignages. 

Merci Pierrot. Pour tout, tout simplement.

Ils nous racontent Pierrot (2/3) – Ses complices

Un collègue, un ami, un coach, un symbole, une philosophie, des valeurs… Pierre Murtin a été et sera toujours tellement pour notre club, pour le monde du basket et pour chacun de nous. 

Au travers de différents témoignages, nous avons souhaité rendre hommage à cet incroyable parcours et à cet homme si unique. 

Si le coeur vous en dit, nous vous invitons donc à suivre ces lignes, où Présidents, collègues, amis et jeunes “nous racontent Pierrot”.

Ils nous racontent Pierrot

On continue cette lecture avec trois personnes qui ont énormément appris aux côtés de ce grand monsieur et surtout avec lesquelles il aimait partager, il aimait être.

Fabrice Serrano

Responsable du Centre de Formation de la JL
Coach des espoirs

Guillaume Vors

Directeur du Centre de Formation

Nicolas Croisy

Coach des U18 

"Pour moi c’était un artiste, avec toutes ses caractéristiques"

Nicolas Croisy –

Pour moi c’était un artiste, avec toutes ses caractéristiques : le talent, l’aura… tout ce qui peut caractériser quelqu’un d’exceptionnel. Et avec toutes les qualités humaines qu’on peut lui connaitre : le partage, l’enthousiasme, le sourire, l’humour, la simplicité.

Fabrice Serrano –

Il était passionné. Bienveillant. Quelqu’un de bien, de profond, d’aimant… Il n’avait pas n’ennemi, il avait un mot pour tout le monde, il était généreux avec tout le monde, pas de critères ou quoi que ce soit, il prenait les gens comme ils étaient. 

Nicolas Croisy –

C’est vrai, je ne l’ai jamais entendu parler en mal de quelqu’un, même si il n’avait pas d’affinité, il ne critiquait jamais personne.

Guillaume Vors –

 Je dirais « émotion » aussi. Tout le monde disait qu’il aimait le beau jeu, mais ce n’était pas tant le beau jeu qui l’animait, c’était de procurer des émotions. Ça se traduit sûrement par ça dans le basket mais il voulait surtout que les gens prennent du plaisir à venir voir son équipe. Je pense que c’est ce qu’il aimait le plus, voir les tribunes d’Amédée Mercier pleines.

Le style Murtin, une approche particulière, emplie de bienveillance.

Fabrice Serrano –

C’était sa qualité première et aussi son défaut. Il estimait que tous les gens qui participaient aux entrainements ou aux matchs se devaient de participer vraiment. Il impliquait tout le monde. Même quand on jouait nous, il y a des joueurs qui étaient prévus pour être 10ème ou 11ème et bien il les faisait jouer quand même, quel que ce soit le score ou le gain du match. C’était une force puisque tout le monde se sentait concernés. Ça c’est son truc. Il connaissait très bien le basket aussi, mais ça ne se réduisait pas à jouer non plus, il y avait pleins de choses derrières pour lui. C’était un entraineur ultra compétent, avec son approche, l’implication de tous. C’est très rare que quelqu’un soit resté sur un banc, que ce soit avec les jeunes ou les pros… Il se rongeait les ongles quand il avait amené un gamin qui n’avait pas pu jouer, c’était une catastrophe pour lui. 

Guillaume Vors –

Et avec toute son humilité, je pense qu’il était tellement bon dans ce qu’il faisait, qu’il est arrivé à un point où il ne s’en rendait même plus compte que ce qu’il produisait était exceptionnel.

"Je ne serai jamais Pierre Murtin, il n’y en a qu’un, mais j’ai pris des choses de lui. "

Vous qui avez appris et évolués à ses côtés, quels enseignements retenez-vous ?

Fabrice Serrano –

Quand tu deviens entraineur de basket, tu es influencé par toutes les personnes que tu croises. J’ai eu la chance de croiser beaucoup d’entraineurs auprès desquels j’ai appris et évidemment, j’ai beaucoup appris de Pierre, notamment sur un style de jeu fait de mouvement sur une certaine approche, surtout que j’ai eu la chance de jouer pour lui. Et j’ai appris à le retranscrire autrement. Je ne serai jamais Pierre Murtin, il n’y en a qu’un, mais j’ai pris des choses de lui. 

Guillaume Vors –

Il y a plein de choses qui ont transpiré sur ma façon de faire. Alors après, je n’ai pas le même talent que lui donc c’est différent. Mais juste sur la volonté de jouer par exemple. S’éloigner un peu de tous ces systèmes, et se concentrer sur le jeu et l’envie de jouer. Je pense que cet esprit-là a transpiré sur beaucoup de coachs qui l’ont rencontré. Quand on parle avec lui, on est tout de suite subjugué. J’ai fait une formation de coaching un jour où Pierrot intervenait, j’étais son assistant à l’époque, et tout le monde est venu me voir à la fin en me disait à quel point j’étais chanceux, en 2 heures il les avait tous convaincu !

Nicolas Croisy –

Après on peut vraiment distinguer l’entrainement du coaching avec lui, c’était 2 choses différentes. Il m’a fait beaucoup progressé dans le coaching. L’entrainement aussi, mais là dessus c’était plutôt sa manière d’animer, son investissement, sa tonalité de voix… Ça, ça lui est propre. Mais surtout le coaching, il m’a fait me poser. En match, je vivais chaque action à fond. Je me souviens un jour j’ai dû coacher avec lui, et limite il parlait aux gens derrières lui alors qu’on était mené, le match était super serré ! Et je me disais « mais il s’en fout ou quoi » (rire) mais non du tout. C’est juste qu’il considérait qu’il y avait le temps, que les joueurs allaient s’approprier les choses et réagir. Il avait confiance en eux. Ça m’a permis de me poser et de relativiser le fil du match. Il avait après des choses bien à lui, qui lui sont très propres, comme la préparation de ses matchs. Nous on ne fera jamais de copier coller, Pierre c’était Pierre. Et si on veut s’amuser à le faire on ne serait pas bon. Mais par contre, c’était une vraie source d’inspiration c’est sûr. 

On nous a dit que Pierre préparait pendant 2, 3 heures ses entrainements la veille.

Nicolas Croisy –

Je ne sais pas si c’était la veille, mais en tout cas il les préparait oui ! (rire)

"Pierre préparait ses entrainements, plus que n’importe quel entraineur c’est certain."

Fabrice Serrano –

Pierre préparait ses entrainements, plus que n’importe quel entraineur c’est certain. Il fallait d’abord qu’il sache le nombre de joueurs présents, il ne savait pas faire sans ça. Et il écrivait tout. Il écrivait toutes les situations qu’il voulait faire et il les décrivait vraiment, mot par mot. D’habitude on fait quelques schémas pour préparer avec 2, 3 explications, mais Pierre il aimait écrire et il décrivait tout. C’est à dire « tel joueur va passer la balle à tel joueur, lui va aller là et faire ça… ». Donc c’est sûr, quand on décrit un exercice ça peut commencer à prendre beaucoup de temps et lui écrivait peut-être 10 à 12 exercices alors qu’il n’allait en faire que 2 peut être. Ça fait beaucoup de cahiers tout ça, depuis le temps qu’il entrainait. C’était impressionnant la précision de la description de ses exercices. Je n’ai vu que lui travailler comme ça. 

Nicolas Croisy –

Lui si on suivait l’entrainement comme il l’avait prévu dans son cahier, je crois que l’entrainement durait 5 heures. (rire) Donc en fait il préparait 5h, pour faire 1h30, 2h00. Lui après il s’appropriait le truc au feeling, la manière dont il ressentait les joueurs, le training… Il préparait son catalogue et il piochait, il orientait la suite de son entrainement. 

Fabrice Serrano –

Il était obligé pendant son entrainement aussi de noter ce qui marchait ou non. Et cette feuille-là, c’était un brouillon pour ensuite remettre à jour ses exercices, puis il réécrivait son entrainement après.

Nicolas Croisy –

Donc il faisait le travail 3 fois. Et il lui fallait des outils bien particuliers ! Il voulait sa règle, son stylo 4 couleurs… 

Fabrice Serrano –

C’est ça, c’était une préparation très minutieuse. Alors on en riait car il poussait sa méthode à l’extrême, il n’avait pas besoin de ça en réalité, mais lui en ressentait le besoin. C’est vraiment une de ses singularités.

Guillaume Vors –

En plus, d’une année sur l’autre, il aurait pu reprendre les mêmes exercices puisque les joueurs changeaient mais non, il refaisait !

Nicolas Croisy –

Ce qui pouvait l’agacer du coup c’est si il lui manquait un joueur. Car quand il préparait pendant des heures pour 12 joueurs et qu’il en avait 11… Là il était un peu chafouin ! 

"Même en avant-match il avait ses petits trucs à lui, un peu décalé."

Guillaume Vors –

Même en avant-match il avait ses petits trucs à lui, un peu décalé. On n’a jamais montré de vidéo d’adversaires ou quoi par exemple. Par contre il m’appelait souvent le dimanche matin pour me dire “Guillaume, faut que tu télécharges une vidéo que j’ai vu sur Youtube pour montrer aux gamins”, et là il m’envoyait une mixtape de Larry Bird par exemple, il adorait Larry Bird (rire). La plupart des autres coachs n’aurait vu aucun rapprochement, mais lui si.

Il nous disait que son boulot, c’était de préparer les jeunes toute la semaine et qu’en match, c’était le moment pour les laisser s’exprimer. 

Nicolas Croisy –

Oui, il les responsabilisait énormément. Une fois que le match était lancé le jeu appartenait aux joueurs, il leur laissait beaucoup d’initiatives, les joueurs pouvaient même décider si ils allaient défendre de telles ou telles manières. C’est fort quand même. Souvent en tant qu’entraineur, on aime bien contrôler les choses en plus, mais lui il savait lâcher. Il animait tout ça derrière d’une main de maître. 

Fabrice Serrano –

Il lâchait jusqu’à une certaine distance évidemment. 

Nicolas Croisy –

Il disait souvent que le match était la récompense de la semaine.

"Il fallait « être d’autant plus humble en dehors du terrain qu’on était ambitieux sur le terrain »."

Guillaume Vors –

Et il fallait « être d’autant plus humble en dehors du terrain qu’on était ambitieux sur le terrain », c’était sa phrase ça pour les jeunes. Il voulait que ses jeunes aillent aux alley-hoop en match et qu’ils puissent faire leurs stars, mais en dehors du terrain, l’humilité et le respect devaient prôner.

Il avait quand même une relation bien particulière avec les jeunes.

©Christelle Gouttefarde
Nicolas Croisy –

Vraiment, ça pouvait être le papa ou le papi même (rire). Clairement, il s’en occupait beaucoup. Il ne pouvait limite pas accepter qu’un jeune vienne en bus à l’entrainement. 

Guillaume Vors –

C’était marrant car il me disait souvent « faudrait que je leur parle un peu plus », car par exemple on ne faisait quasi jamais de debriefing avec les joueurs ou de choses comme ça, mais il échangeait toujours tellement avec eux, sur les copines, la vie perso, l’école… Il leur parlait déjà énormément.

Fabrice Serrano –

Il était vraiment passionné. Ça ne lui posait pas problème d’aller chercher un jeune à la gare le dimanche soir et ça lui faisait plaisir, ça faisait plaisir aux gamins. Les gamins lui rendaient aussi du coup, ils créaient des liens forts. C’était ses petits poussins. 

"Pierre était quelqu’un qui ne voulait pas déranger. Pas forcément quand on rentrait sur le terrain mais dans sa vie oui. "

Nicolas Croisy –

Sur un terrain c’était sa scène. C’est pour ça qu’on parle du côté artistique. Il rentrait le dimanche à Amédée Mercier, il était sur scène, il jouait son rôle avec coeur. Et les gens aimaient venir le voir coacher, de par sa gestuelle, ses commentaires, ses coups de gueule… C’était vivant. 

Guillaume Vors –

Clairement un artiste ! Sur les matchs c’est sûr, mais même quand on faisait des phases de recrutement. Alors au début sur les premiers instants, c’était l’ours il disait à peine bonjour, puis au bout d’à peine 5 minutes, il tchatchait les parents, il lançait les exercices et plus personne ne voulait partir. C’était un showman ! C’est fou car en dehors du terrain il était peu comme ça, mais dès qu’il entrait sur les parquets… C’était son moment. Et ses joueurs étaient prêts à laisser 3 poumons sur le terrain pour lui !

C’est marrant, quand on nous a annoncé que le Final Four était à Bourg, ça l’a dérangé au début Pierrot. Le fait que ce soit à Bourg, que ce ne soit pas un déplacement, il avait l’impression qu’on n’allait pas vraiment vivre une aventure tous ensemble. Alors finalement, on l’a créé car on est allé dormir quand même à l’hôtel, on a mangé ensemble la veille, etc… Mais il avait l’impression que ce serait différent, que le moment de partage ne serait pas idéal sans ce déplacement, le fait qu’on ne soit pas qu’entre nous. Bon puis finalement, il n’a pas du tout regretté, quand on a vu les 2000 personnes arriver… c’était magique !

Comment on s’inspire de Pierrot en tant qu’entraineur ? Quels apprentissages retient-on ?

Fabrice Serrano –

Ça dépend de chacun je pense. Mais on prend ce qui nous semble intéressant, ce qui nous convient, nous ressemble. Moi je ne prendrai jamais autant de temps à préparer mes entrainements dans la précision écrite. Mais c’est une inspiration dans sa manière de voir le basket, comment faire jouer, comment on veut voir le basket évoluer sur un terrain. On se réunissait là dessus. Avec du partage, du mouvement, du jeu vers l’avant… Des choses basiques peut-être mais qu’il prônait de manière très importante. 

Nicolas Croisy –

On est tous différent c’est sûr. Pierrot allait attacher de l’importance à des choses ou moi ça me passait complètement au dessus et vice versa. Moi en tant que jeune entraineur, j’avais tendance à être tourné vers le négatif, à dire ce qui n’allait pas et lui tout à l’inverse, il m’a emmené du positif, de l’encouragement. On prend aussi des choses dont on se sent capable. Il y a des choses où on n’a pas les capacités pour les retranscrire. Après il y a un esprit général.

"Il avait à coeur de ne jamais refaire les mêmes choses."

Fabrice Serrano – 

C’était sa créativité aussi, il avait à coeur de ne jamais refaire les mêmes choses, c’est ce qui lui prenait aussi beaucoup de temps. Les situations qu’il proposait n’étaient jamais les mêmes d’un entrainement à un autre. Il arrivait toujours à emmener de la nouveauté. Nico et moi on a pris un peu de ça aussi, il nous a amené dans cette direction là. 

Nicolas Croisy – 

C’est ça, casser la routine, qu’il y ait toujours un effet de surprise, quelque chose d’attrayant pour booster les joueurs. 

Fabrice Serrano – 

Après il avait un style aussi oui. Il était prof d’EPS à la base, il avait réfléchit toute sa vie sur le basket, il avait un apprentissage ludique, dans l’action, dans le jeu de manière générale.

Guillaume Vors – 

Clairement, en tant que prof je retrouve cet âme d’éducateur aussi. J’entraine également, et je dis souvent « Je pense que c’est la seule personne qui est capable de coacher et d’emmener vers un tel niveau d’excellence… en faisant de la passe à 10. » (rire). Il rajoutait des petites règles par ci, par là, pour que n’importe quel jeu fasse vraiment travailler techniquement plusieurs points. Pour moi les jeux c’était juste pour s’échauffer à la base, jusqu’à ce que je rencontre Pierrot.

Il m’a souvent raconté l’année où il prend la Pro A en cours de saison pour coacher. Il me disait que certains américains sont arrivés et n’ont rien compris ! Certains ont pété des câbles face aux jeux qu’il proposait (rire), il était en décalage complet. Mais bon le week-end, ils gagnaient donc ça marchait !

Il laisse aussi un bel enseignement humain, même en dehors du terrain.

"Il parlait toujours comme si c’était un tout petit coach, alors que c’était une légende vivante."

Guillaume Vors – 

Il parlait toujours comme si c’était un tout petit coach, alors que c’était une légende vivante. Et si je retiens vraiment quelque chose, c’est qu’il se donnait les moyens pour arriver à ce qu’il voulait, travailler pour réussir, sans forcément en tirer de la gloire, juste pour son accomplissement.

Une anecdote sur son côté humble. Une année au tournoi de Montaigu, Pierrot venait d’être Champion de France avec toute la génération 99, Thibault Desseignet etc… On faisait des soirées où tout le monde était là, les joueurs, les coachs… Et plusieurs jeunes viennent me voir, en parlant avec eux, je me rends compte qu’il pensait que c’était un coach « lambda », qui n’avait encore jamais trop fait de coaching, tellement il leur avait parlé avec une « sur-modestie », alors quand je leur ai raconté son palmarès, ils n’en revenaient pas !

Fabrice Serrano – 

De toute manière c’était quelqu’un de bien, donc les gens l’ont ressenti. Certains jeunes plus que d’autres. Voilà toujours dans la bienveillance, dans le respect… Il leur faisait tellement de choses que tout ceux qui sont raisonnés ne peuvent qu’être reconnaissants et donc tristes à l’heure actuelle, ils ont perdu quelqu’un qui les guidait. 

 

Il donnait sans jamais demander à recevoir. Dans le milieu professionnel, c’est tellement rare en plus. Je pense qu’il était plus à l’aise avec les jeunes pour ça aussi, il savait qu’il n’y avait rien à attendre à part le retour de sympathie et ce que les jeunes lui donnaient par le jeu. Il était aussi très fort sur la formation pour ça. C’était vrai, quand il entrainait les filles en N3, nos jeunes… Ce qui était le plus beau pour lui c’était de voir les personnes se donner à fond, la sympathie qu’elles apportaient au quotidien, les voir s’épanouir dans le jeu. 

"Il donnait sans jamais demander à recevoir."

Le plus dur après pour lui c’était de faire des choix parfois dans ses équipes, tellement il ne voulait laisser personne sur la touche. Mais même dans la vie de tous les jours, il n’aimait pas faire des choix. Au restaurant, impossible de prendre une décision il fallait qu’on lui dise « on mange le plat du jour ». 

Nicolas Croisy – 

Sauf pour le dessert, il savait qu’il voulait sa glace caramel ! (rire) 
Mais non, faire des choix c’est renoncer et ça Pierrot ne le voulait pas.

Fabrice Serrano – 

Pierre était quelqu’un de très émotif, ses sentiments pouvaient être décuplés à certains moments. Mais d’un côté, il gardait beaucoup de choses pour lui, donc ça le travaillait et il ressentait le besoin de s’excuser après. Ou d’en rire. On pouvait rire de tout avec lui d’ailleurs, c’était aussi sa manière de ne pas exprimer les choses. Puis il faisait les mêmes blagues il y a 30 ans, il l’a toujours fait ! 

Nicolas Croisy – 

Il pouvait radoter ses blagues, mais on ne s’en lassait jamais, on appréciait toujours autant. 

À toi Pierrot.

Un grand merci à eux pour leurs témoignages.
 
Un dernier article est à suivre, au tour de ses poussins de nous raconter ce grand homme.

Ils nous racontent Pierrot (1/3) – Ses Présidents

Un collègue, un ami, un coach, un symbole, une philosophie, des valeurs… Pierre Murtin a été et sera toujours tellement pour notre club, pour le monde du basket et pour chacun de nous. 

Au travers de différents témoignages, nous avons souhaité rendre hommage à cet incroyable parcours et à cet homme si unique. 

Si le coeur vous en dit, nous vous invitons donc à suivre ces lignes, où Présidents, collègues, amis et jeunes “nous racontent Pierrot”.

Ils nous racontent Pierrot

Pour démarrer cette lecture, ce sont quatre Présidents du club qui nous racontent leurs moments à ses côtés et l’homme qu’ils ont eu le plaisir de voir évoluer depuis tant d’années.

Bernard Coron

Président du club
De 1997 à 2002

Michel Fontaine

Président du club
De 2004 à 2006

Gérard Mirmand

Président du club
De 2004 à 2012

Julien Desbottes

Président du club
Depuis 2012 

"Voilà comment Pierrot est revenu à la JL."

Bernard Coron –

Je vais commencer par son arrivée à la JL parce que c’est quand même un moment fort et il faut savoir qu’il jouait à l’ASPTT de Bourg il n’était pas à la JL, il jouait en excellence régionale et pour sa formation de futur professeur de gym, il est passé par le CREPS de Nancy. Là-bas, il a connu un dénommé Jouvenet qui est un ancien joueur d’équipe de France de basket qui l’a fait rentrer au SLUC de Nancy et il a joué 3 ans là-bas. Il n’y avait pas de Pro A et Pro B à l’époque, mais il y avait N1 N2 et la JL jouait en N3, nous montons donc en N2 cette saison là, la fameuse année sans défaite. 

Pierre Murtin veut revenir dans l’Ain, à la JL. Il a un poste de prof de gym dans le coin et à l’époque, il y avait deux critères pour accepter une mutation : 1, une date limite, qui était grosso modo le 31 Août de mémoire, et de 2, il fallait une lettre de sortie du club d’où il partait. Alors que les joueurs n’étaient pas payés, il n’y avait pas un centime, il fallait donc que le Président signe et le Président de Nancy a refusé de signer cette lettre de sortie. C’est René Courtine, qui est allé voir son ami Robert Busnel à Confrançon, en lui disant voilà ce qu’il se passe et Robert Busnel (Président de la FFBB à l’époque) pris le téléphone et le lendemain nous avions la lettre de sortie. 

Voilà comment Pierrot est revenu à la JL. Et c’était à deux trois jours près, c’était très limite ! C’est vrai qu’on montait en N2 en plus, il nous fallait à tout prix un peu de renfort, il faut se souvenir qu’à l’époque, c’était un basket de clocher : le recrutement se faisait dans un rayon de 20 à 30 km, pas plus.

Michel Fontaine –

La JL dont tu parles est championne de France UFOLEP en 75, c’était les juniors et c’était vraiment le début de l’aventure basket, à ce niveau-là de la JL je veux dire, c’est dès cette période que la JL s’affirme comme un grand club formateur. Maintenant, quand tu arrives au titre de Champion de France des U18, l’arrivée en coupe d’Europe de la JL… On vit un moment extraordinaire !

Bernard Coron –

Il y a des anecdotes que je peux raconter. Par exemple à l’époque, on réunissait les joueurs dans le vestiaire du « hangar » et on leur posait la question “est ce que vous acceptez de jouer avec un Américain qui lui sera payé ?” eux ne l’étaient pas on le rappelle, et donc les joueurs votaient.

Je reviens en arrière. J’expliquais tout à l’heure que moi, à 20 ans, on m’a dit « tu es meilleur vendeur que joueur, va chercher de la publicité » et c’est comme ça que je suis devenu dirigeant à 19/20 ans à la JL. Et donc pour les joueurs, on leur versait ce qu’on appelle la caisse de solidarité qui était 10% des recettes guichet, alors ils avaient ça en fin de saison, on leur donnait l’argent et ils en faisaient ce qu’il voulait, donc souvent ils se payaient un voyage et certains demandaient à ce qu’on partage l’argent entre tous les domaines.

"Lui c’était surtout un joueur intelligent sur le terrain et très très bâtant, il était toujours à fond."

Gérard Mirmand –

Et Pierre Murtin il était plutôt suiveur ou meneur ?

Bernard Coron –

Alors Pierre il est arrivé comme joueur, mais c’était un jeune joueur, il était tout jeune prof de gym et c’est vrai que dans le groupe après, il était un joueur comme les autres. Il y avait des forts caractères comme Claude Lucot, qui était capitaine.

Alors je dirais que ce n’était pas un joueur brillant, il était un peu un joueur intermédiaire ce n’était pas un 4, ce n’était pas un 3, ce n’était pas un 5… À l’époque on faisait jouer un peu les joueurs en fonction de leur taille au poste où il fallait, c’est-à-dire que plus tu étais grand plus tu allais vers les postes 4, 5. Maintenant il y a des postes 3 qui font 2,05, c’était impensable ça à l’époque. Lui, c’était surtout un joueur intelligent sur le terrain et très très bâtant, il était toujours à fond.

"Pierre, c'était l'homme bon"

Julien Desbottes –

Il a coaché comme il jouait. J’ai joué un peu avec lui parce que quand il a arrêté de jouer il était tout cassé, les genoux etc… Je jouais dans plusieurs équipes dont avec lui en senior des fois et il était vraiment dans le collectif tout le temps. Il fallait presque le pousser à shooter, il cherchait la passe avant tout, c’était un intérieur qui distribuait, qui pivotait, qui faisait des feintes… Et comme il a formé pas mal d’intérieurs chez nous, dans les U18, chez ceux qui ont été Champions de France, et bien on retrouve beaucoup ses mouvements répétés, c’est des joueurs au sol mais qui, par leur technique, sont toujours à contre-pied de leurs défenseurs.

Michel Fontaine –

Mais je crois que ce qui marquera le plus chez Pierre, qu’il soit le joueur ou le coach, c’est vraiment l’homme. Pierre c’était l’homme bon. Celui qui enrichissait les autres dans l’équipe. Quand il jouait, il travaillait pour le collectif. Là quand il entrainait les benjamins de la JL amateur, il enrichissait ses 8 gamins et il les entrainait avec le même enthousiasme et le même professionnalisme que quand il entrainait les pros de la JL. Il y a plein de mots qui ont circulé sur les réseaux sociaux, des adjectifs, des qualificatifs qui lui vont très bien, on peut tous se retrouver dans ces qualificatifs mais lui c’était tout ça, c’était l’homme bon qui enrichissait les autres. Je crois que c’est et ça a été quand même un formidable éducateur ces dernières années. Je ne sais pas si on retrouvera des éducateurs comme cela.

Bernard Coron –

Une de ses qualités c’est qu’il était très humble, c’était un garçon impressionnant là-dessus : alors qui pouvait faire des choses brillantes, il était humble comme pas possible. Il pouvait entrainer la dernière équipe de France, il allait préparer l’entrainement comme si c’était des pros.

"Il ne faisait que donner et malgré tout, il était quand même animé par la gagne et la compétition"

Michel Fontaine –

Je regarde les photos des U18 reçus à la Mairie lorsqu’ils ont été Champions, on remet la médaille de la ville de Bourg à Pierre pour cette occasion. Sur la photo, il se cache derrière Julien, on le voit un tout petit peu alors que c’est lui qui est la vedette ! Pareil pour la photo le jour du Final Four, vous regarderez la photo, on le voit à peine !

Julien Desbottes –

C’est ça qui est assez fou dans sa personnalité. Au final, avec toute cette humilité, il donnait énormément. Il ne faisait que donner et malgré tout, il était quand même animé par la gagne et la compétition et c’est ça qui m’interpelle le plus moi, c’est d’arriver à comprendre comment un mec qui est aussi bon avec les autres, peut en même temps avoir quand même cette envie de gagner au fond de lui. Parce qu’il adorait la victoire ! Souvent quand tu joues pour la gagne, il y a un moment où c’est plus fort que toi, alors que lui non.

©Jacques Cormarèche
Bernard Coron –

Quand il a repris le groupe Pro A à l’époque, il y avait un groupe qui était difficile au possible notamment avec les deux clans entre les Français et les Américains.

Certains, c’était quand même des stars en Europe, ils jouaient dans des grands clubs européens mais Pierre, même avec ces joueurs-là, il était à l’aise. Il n’avait pas de problème parce qu’il maitrisait tellement son sujet : le basket. Et puis par rapport à beaucoup de coachs, qu’il entraine des cadets ou des minimes, la veille au soir il a bossé 2 à 3 heures sur un entrainement, il n’arrivait jamais les mains vides, tout était préparé.

Gérard Mirmand –

Pierrot ce que je retiens de lui moi, c’est la période des 5, 6 dernières années où il coachait les cadets, les U18. Moi j’allais le dimanche après-midi à Amédée Mercier pour le voir. J’y allais avec plaisir parce que c’était justement un vrai plaisir de le voir coacher ces gamins à ce moment-là. Franchement, j’imagine Pierrot dans toutes ses équipes un peu comme ça.

"Je pense qu’il était vraiment au sommet de son art."

Julien Desbottes –

Moi j’ai eu l’impression, de l’extérieur, qu’il avait vraiment progressé et qu’il était au summum de son art là. Quand il est revenu de l’Asvel, la manière dont il coachait… Il était capable de sa propre analyse. Il préparait ses entrainements c’est vrai, mais je pense qu’il se préparait aussi lui beaucoup, à savoir avec chacun comment agir, c’était vraiment à la carte et c’est toujours les bons mots avec les bonnes personnes. Oui, je pense qu’il était vraiment au sommet de son art. Il dégageait quelque chose et c’est vrai que pour les jeunes, c’était vraiment un luxe d’avoir un mec comme lui, qui n’est jamais allé dans le jugement. Il savait aussi les bousculer, mais toujours avec les bons mots. C’était le sommet de son art.

Michel Fontaine –

Très important ce que tu dis Julien : il n’était jamais négatif, jamais dans le jugement. Que ce soit avec quelqu’un qui ait joué 3 minutes ou 38 minutes, c’était la même chose. Celui qui avait joué 3 minutes, il était aussi positif avec lui et il lui apportait quelque chose. 

Gérard Mirmand –

Et en tant que Président, il n’était pas du tout exigeant, il ne demandait jamais rien ! 

Julien Desbottes –

Mais même maintenant, moi je le forçais à parler rémunération, il ne voulait jamais l’aborder ! À un moment j’étais tellement gêné, je lui ai doublé son salaire ! (rire)

Bernard Coron –

Je me rappelle d’un jour, on discutait tous les deux, on était dans l’ancienne salle et puis on parlait un peu de l’évolution du club, des sponsors… Et d’un seul coup il me dit, « mais Bernard », puis il tend le bras et il montre le terrain, « tu vois c’est là que ça se passe, si les sponsors ont de l’émotion, ils reviendront, si on ne leur donne pas d’émotions, tu ne les verras plus ». Il avait 100% raison. Un sponsor qui vit une émotion il revient l’année suivante, s’il s’ennuie on ne va pas le revoir et ça il le sentait. Lui c’était le terrain, le terrain, le terrain… il dit “l’émotion elle est là”.

"C’était un éducateur par l’exemplarité"

Gérard Mirmand –

Autre chose aussi, quand on allait voir les U18 à la JL quand le match était fini, les joueurs se lèvent et le banc est nickel, il n’y a rien. Pierrot leur a appris à nettoyer, à ramasser les bouteilles, ramasser les serviettes… moi ça m’a marqué et je pense que l’éducation commence par là.

Michel Fontaine –

C’était un éducateur par l’exemplarité, il était exemplaire Pierre. Cette anecdote que tu nous racontes, personne n’a jamais vu Pierre ne pas repartir avec sa bouteille qu’il avait amené ou donner un coup de pied dans la bouteille ou des choses comme cela. Il montrait l’exemple et les jeunes se comportaient comme Pierre et ça c’était important.

Julien Desbottes – 

C’est un symbole un peu de la manière dont il apprenait les choses. Mais ce n’était pas un père de substitution, il avait vraiment le bon positionnement, il ne se substituait pas non plus aux parents, ça c’est important aussi, il n’était pas dans ce positionnement-là. 

Gérard Mirmand – 

Moi ce que je retiens aussi de lui c’est, il n’y a encore pas longtemps, à 8h du matin amené un gamin chez le Docteur Devaux, d’attendre pour le remmener à l’école, des fois à 7h45 il venait à vélo. C’est un entraineur, un éducateur, un basketteur… mais c’est aussi l’homme.

"Qu’est-ce qu’on a bien fait de demander à faire le Final Four à Ekinox"

©Jacques Cormarèche
Gérard Mirmand – 

Et il est parti sur une apothéose, pour moi il ne pouvait pas mieux finir. 

Julien Desbottes – 

Non mais c’est sur et quand il a été malade franchement on s’est dit mais qu’est-ce qu’on a bien fait de demander à faire le Final Four à Ekinox. Il y avait plusieurs candidats et un lundi midi on en a parlé, on a dit  « on va candidater pour ça ». Et là c’est vrai que quand on a vu l’enthousiasme et le basket proposé… Zack Wright et Zack Peacock sont venus, et ils n’en revenaient pas, mais vraiment ils n’en revenaient pas, de la qualité de jeu proposé !

Bernard Coron – 

L’Asvel et Nanterre qui sont quand même deux locomotives, et Strasbourg avant, c’est extraordinaire. Puis la Coupe de France l’année d’avant à Bercy. Il a vraiment fini avec deux titres en deux ans !

Julien Desbottes – 

C’est vrai qu’il était conscient de son état lors des derniers jours, il a renoncé aussi en disant la maladie a gagné, mais par contre il n’avait aucune rancune. Pour moi, il n’y a pas meilleur symbole du club que lui, par ce qu’il est, par ce qu’il représente. Franchement pour moi c’est le plus gros symbole de notre club et il a été serein à la fin aussi, il pouvait parlé de ça, il pouvait parlé de l’Europe aussi. Il est tellement bon que à un moment on se dit, mais à quel point il s’oublie lui-même, parce que ce n’est pas aussi facile que ça de donner en permanence, j’ai trouvé qu’il était aussi serein que possible dans les derniers instants. 

"Pour moi, il n’y a pas meilleur symbole du club que lui, par ce qu’il est, par ce qu’il représente"

Bernard Coron – 

Il a eu une telle évolution dans le basket aussi ce garçon…

Julien Desbottes – 

Et il a toujours été à la page, il a toujours été dans le coup ! Là par exemple à Ekinox, je lui ai dit, “il faut que ça soit ta nouvelle maison, vraiment que ça soit comme la rue Charles Robin” et il était comme un gamin parce que c’était un enfant quand même dans sa tête, il jouait, il aimait bien taquiner, ça restait un grand gamin. Je trouve qu’il a vraiment été d’une modernité absolue parce que c’était pas très facile de passer 20 ans de ta vie rue Charles Robin et après d’aller à l’Asvel et ensuite de revenir et te sentir quand même chez toi… Il a eu la capacité aussi à ne pas trop se poser de questions et de vivre avec le naturel.

Bernard Coron – 

Le basket efface tout pour lui.

Julien Desbottes – 

Mais ce n’est pas le cas de tout le monde tu vois et donc c’est formidable comme le basket a changé et la JL a changé et lui, de rester à la page comme ça, c’est extraordinaire.

Mais c’est aussi ça qui marche chez Pierre, il a donné aux entraineurs des clubs, on a l’impression que le basket de l’Ain est marqué parce qu’il n’a pas uniquement rayonné sur la JL mais il a rayonné sur tout un territoire.

Julien Desbottes – 

Il a entrainé des filles, il a entrainé des garçons, le moindre tournoi il y était, les stages l’été, il y était, il arbitrait les dimanches matins… Moi j’en parlais avec ma femme, elle me disait qu’ils avaient fait une fête le soir aussi tous ensemble et le lendemain il était à 8h30 à Péronnas ils avaient fait nuit blanche, il était à l’arbitrage à 8h30 le dimanche matin.

Michel Fontaine – 

Tout le monde le connaît au niveau du basket départemental, même les gens qui n’ont pas eu le contact avec lui. Les tournois de fin de saison de gamins ou de jeunes, il y avait toujours Pierrot Murtin qui était là. 

©Christelle Gouttefarde
Julien Desbottes – 

Ses entrainements c’était de la folie, c’est vrai qu’il n’avait jamais deux fois le même entrainement, il se forçait à trouver des exercices différents pour travailler la même chose mais il n’y avait aucun effet de lassitude et il y avait un travail énorme pour préparer ça. C’était un très grand monsieur. 

Bernard Coron – 

Et surtout il laissait les joueurs s’exprimer sur le terrain, c’est vraiment l’un des rares coachs laisser les gamins comme ça en match. La finale des U18 contre Nanterre, il n’a pas demandé un temps mort ! C’est impressionnant de faire tout un match, toute une finale U18 et ne pas demander un seul temps mort.

Julien Desbottes – 

Après la demi-finale de U18 contre l’Asvel, à la fin du match dans le vestiaire d’Ekinox, il a été vraiment exceptionnel à mes yeux. Il leur a dit que c’était lui qui avait fait des erreurs de coaching, qu’il n’avait pas été bon dans ses rotations, qu’il avait pris un peu de retard, que c’est ce qui avait remis l’Asvel dans le match. Et donc il s’excusait auprès d’eux, qu’il n’avait pas été bon dans le coaching. Et à ce moment là, il le dit vraiment avec sincérité, parce que c’est sa manière de voir les choses. Voir des coachs comme ça, qui s’excuse, c’est rare.

C’est ça qui fait la richesse de Pierre, c’est l’apport qu’il a fait, la modestie et sa simplicité."

Bernard Coron – 

Il était bien dans ce club, à la JL, c’était sa maison, sa philosophie de vie.

Julien Desbottes – 

C’est pour ça que c’est très difficile d’en garder vraiment un héritage au sens où il est complètement irremplaçable, il est tellement unique dans pleins de rapport. 

Michel Fontaine – 

C’est aussi ce qui le fait regretter, c’est que tous les gens qu’il a rencontré, il a apporté quelque chose. Le minime ou le benjamin qu’il a rencontré, il lui a apporté quelque chose et c’est ça qui fait la richesse de Pierre, c’est l’apport qu’il a fait, la modestie et sa simplicité.

À toi Pierrot.

Un grand merci à nos quatre Présidents pour leurs témoignages.
 
Ses collègues et jeunes nous racontent également Pierrot dans de prochains articles.

Bilan 2020 et Perspectives 2021

Après cette année si particulière, le Président du club Julien Desbottes dresse le bilan de 2020, entre crise sanitaire et découverte européenne. Puis nous parle des perspectives pour 2021, des perspectives faites de passion et d’espoirs.

 

2020, le bilan sportif 

“Je pense qu’on a vécu une belle fin de saison 2019-20 et un bon début de saison 2020-21. C’est vrai qu’on a eu une grosse parenthèse du 15 mars à fin septembre, malheureusement sans match et sans compétition officielle. C’est aussi beaucoup de satisfaction puisqu’on a su recommencer le premier trimestre 2020 comme on avait terminé. Cette parenthèse elle est évidemment douloureuse puisqu’elle nous écarte de notre public, mais effectivement sportivement je pense qu’on est dans une bonne dynamique qu’on a su maintenir et qui nous mène, on peut le dire, au plus haut du basket français, de manière relativement stable. Donc de ce côté-là, c’est vrai que c’est une très belle année 2020.”

Et aussi économique

” On a une chance aujourd’hui, c’est que nos partenaires, les collectivités, nos abonnés jouent tous le jeu à 200% pour nous aider, ils savent que nous ne sommes pas responsables de cette situation. La saison dernière on avait pu mettre en place des systèmes d’avoirs pour compenser. (…) Cette année, les dispositions sont un peu différentes, on ne sait pas encore comment on pourra modéliser tout ça. Surement pas avec le même rapport puisque si on joue uniquement quelques matchs à domicile, on ne pourra pas aller aussi loin que là où on est allé l’an passé mais on trouvera un point d’équilibre, sans aucun doute. On sent que ce climat de confiance entre tous nos partenaires au sens large, notre public, nous permet d’évoluer relativement sereinement. Après il est clair, si on ne peut pas recevoir du public, au moins nos abonnés et partenaires, d’ici fin janvier début février, ça va finir par rendre l’équation définitivement compliquée…”

"C'est toute la contradiction de la situation, on est super satisfait des résultats mais on ne peut pas les partager vraiment."

2021 : De nouvelles perspectives ?

“Je vois cette nouvelle année encore très tourmentée… Aujourd’hui, plusieurs formules sont encore possibles pour finir la saison de Jeep®Elite. Soit les playoffs avec un format normal, même si ca parait assez improbable, il faut se le dire. Soit un final four avec 4 équipes sur un week-end, soit un final eight avec 8 équipes au format de la Leaders©Cup. On aura besoin de connaitre rapidement le format retenu. Ce qui nous manque aujourd’hui c’est qu’on nous fixe les objectifs, les périmètres sur lesquels nous pourrons potentiellement travailler pour qu’on fixe des objectifs clair à nos joueurs et à notre staff. Au vu du contexte et de la qualité de notre équipe, on vit les matchs un par un, c’est encore très tôt pour se projeter puisqu’on n’a pas jouer un quart du championnat, même si les choses se dessinent un petit peu. On voit qu’on est compétitif. Je pense qu’il faut être à la fois ambitieux mais aussi extrêmement réaliste. Donc on va continuer de faire comme on a toujours fait : on ne se refuse pas de regarder de plus en plus haut mais on surveille aussi derrière soi. On va avoir potentiellement un calendrier très chargé, avec des matchs tous les 3 jours, ça sera vrai pour nous mais aussi pour les autres équipes d’ailleurs. Notre force sera sûrement sur notre banc, on a vu des joueurs en fin d’année là, capables d’apporter énormément sur le terrain, c’est une force que d’autres clubs n’ont pas, je pense, et c’est là dessus qu’il faut qu’on s’appuie. 

"Repousser l'échéance de l'élimination en Coupe d'Europe, c'est augmenter la probabilité de jouer un match véritablement historique avec notre public."

Au niveau européen, évidemment il faut qu’on vise ces quarts de finale. Repousser l’échéance de l’élimination en Coupe d’Europe, c’est augmenter la probabilité de jouer un match véritablement historique avec notre public. Je rêve un peu d’un quart de finale fin mars avec la salle d’Ekinox pleine et que notre public puisse profiter de la qualité du jeu européen et de cette dimension là. Si on venait à avoir cette chance là, quelle bouffée d’oxygène pour nous tous ! C’est une perspective qui nous fait frissonner, qui nous fait pétiller les yeux et on en a tous besoin en ce moment. C’est ce pour quoi on se bat en ce moment.”

Le mot de la fin

“Je veux d’abord souhaiter à tous de garder la forme et la santé. Leur dire qu’il nous manque terriblement, on a tous hâte de se retrouver et là aussi, on sortira de cette crise plus uni, plus fort. (…) On sait qu’on a tous traversé cette période uni, et tous au sein du club, on souhaite adresser un immense remerciement aux collectivités, aux partenaires économiques, à nos abonnés et notre public. On sait que la fidélité dans ces moments là il n’y a rien de plus important. Elle nourrit nos joueurs et notre staff, on voit que ça descend jusqu’au terrain et ce n’est pas prêt de s’arrêter !”

Retrouvez l’interview complète au micro de Didier Berthet pour Radio Scoop.

“Je prends mon rôle très à coeur”, rencontre avec Danilo

Il y a plus d’un an, un des pionniers du club Garrett Sim, adoré de tous, se blessait au tout début de la saison 2019-20. Le club recrute donc un pigiste médical le temps que Garrett se remette sur pied. Un certain Danilo Andjusic arrive alors à Ekinox. L’histoire entre le club et ce joueur ne devait durer qu’un temps, mais voilà qu’après seulement quelques entrainements collectifs avec le reste du groupe, Danilo dispute son premier déplacement à Pau sous les couleurs Rouges et Blanches… Et l’histoire, à peine commencée, prend déjà une autre tournure. Il marque 31 points ce soir-là, lui qui n’avait jamais disputé le championnat français, qui ne connaissait que très peu ses coéquipiers. Puis pour sa première à Ekinox, il brille à nouveau avec 24 points contre Orléans. Le phénomène est lancé et ne s’arrêtera plus, la Jeep®Élite et l’ensemble de la JL sont unanimes : il est adopté ! Avant la réception de son club de coeur, le Partizan NIS Belgrade, rencontre avec le serial shooter serbe de la Jeu. Aventures humaines, expériences européennes, famille de basketteurs… Entre deux matchs d’Eurocup, Danilo s’arrête quelques minutes pour nous conter son histoire.

Danilo, comment vas-tu ?

Tout va très bien en ce moment. On gagne en plus et c’est sûr que quand on gagne, tout est plus facile. On a vraiment bien commencé la saison, j’espère que l’on va continuer comme ça !

Après ta belle saison avec la JL Bourg l’an dernier où tu es arrivé au début en pigiste de Garrett Sim (15,5 points à 45.5% à 3 points, 3,3 rebonds et 3,6 passes), tu as prolongé à l’intersaison avec le club. Comment te sens-tu à Bourg ?

Je me sens bien ! Je pensais vraiment que c’était quelque chose de bien pour moi que de poursuivre ici cette saison. Je me sens bien à Bourg, j’adore jouer au basket ici et ça ce sont les choses les plus importantes pour moi. Jusque là je pense que j’ai pris la bonne décision, d’autant plus après les résultats sportifs qu’on a pu avoir. Puis avec avec l’arrivée de l’Eurocup pour le club… Je pense que notre équipe peut encore faire de belles choses.

Après cette belle année 2019-20 et cet incroyable début de saison, nous sommes qualifiés pour le TOP 16 de l’Eurocup. Je suppose que ce récent point te conforte dans le fait d’avoir choisi de rester ici ?

Bien sûr ! Depuis le premier jour je n’ai eu aucun doute quant à mon choix. Je savais que c’était la bonne décision car au club, les coachs, le staff… tout le monde était sur la même longueur d’onde ! Je savais quel type d’équipe nous allions construire. Et après 4 mois, je pense que nous avons prouvé sur le terrain que chaque décision a été la bonne à prendre. 

"Tout ce qui m’est arrivé l’année dernière avec la JL Bourg a été bénéfique pour moi."

Tu as donc été l’un des artisans de la bonne saison 2019/2020, ta relation avec le coach et sa confiance sur le terrain ont-ils été des points importants ?

Oui, c’est une des choses les plus importantes pour moi et ça l’était aussi l’an passé ! Donc bien sûr, ça a été l’une des principales raisons pour lesquelles je n’ai pas hésité à rester ici. Je sais que le coach croit en moi, il m’a accordé une grande confiance la saison dernière. Et cette année, il m’a donné une part du leadership de l’équipe et ça, j’ai vraiment apprécié, je prends mon rôle très à coeur, je sais que maintenant je suis prêt pour ça. 

Tout ce qui m’est arrivé l’année dernière avec la JL Bourg a été bénéfique pour moi. C’était important que je continue sur cette lancée, pour pouvoir assumer pleinement un rôle central dans une équipe et aller chercher des victoires. Finalement, lui offrir de bons résultats, c’est aussi ma façon de lui rendre ce qu’il m’a apporté dans ma vie de joueur.

Comment expliques-tu la force collective de l’équipe cette année ?

On a vraiment une bonne équipe cette année. Premièrement au niveau de nos compétences et résultats baskets bien sûr, mais aussi d’un point de vue humain. Tous les joueurs sont de belles personnes. Pour la plupart, on se connaissait déjà depuis l’année dernière évidemment, mais même pour les nouveaux arrivants, ce sont des bons gars, ils se sont super bien intégrés dans l’équipe donc… Je pense que cet aspect joue énormément, notre bonne entente et notre esprit d’équipe sont sûrement l’un de nos gros points forts. On est sur un bon chemin là, j’espère qu’on continuera comme ça jusqu’à la fin de la saison !

En Jeep®Elite, tu es aussi le quatrième meilleur marqueur du championnat (18.5 points) et surtout le meilleur shooteur à 3 points avec un incroyable 13/20 (65% de réussite). Comment travailles-tu ce domaine ?

Je crois que c’est tout d’abord quelque chose de génétique ! (rire) En tout cas, dans ma famille tout le monde me dit ça. Ma mère jouait au basket aussi et tout le monde lui disait qu’elle était une très bonne tireuse à 3 points. Il doit y avoir un peu de ça du coup, mais surtout, c’est vrai que c’est un point sur lequel je travaille énormément depuis que je suis tout petit. Quand j’étais jeune, on me considérait déjà comme un « shooter », ça m’a poussé à beaucoup travailler sur cette compétence. Encore aujourd’hui je continue à le faire, après les entrainements par exemple, je fais toujours des petites sessions de shoots pour me perfectionner.

Après être le « 4e meilleur scoreur » ce n’est pas le plus important pour moi. C’est vrai que ça fait toujours plaisir, mais ce que je veux vraiment, c’est donner le meilleur de moi-même sur le terrain et aimer ce que je fais, être en adéquation avec le basket que je pratique. Bon, puis gagner aussi, évidemment ! (rire)

Et on ne peut pas évoquer ta réussite à 3 points sans parler de cet incroyable tir, quasi au buzzer, qui donne la victoire à la Jeu face à Levallois. Tu fais un match moins bon qu’à ton habitude mais finalement, c’est toi qui cloue le score. Qu’est ce qu’il se passe à ce moment là dans la tête d’un joueur, quand on sait que la victoire repose sur ses épaules ?

Ah oui ce shoot ! Je dois avouer que c’est un de mes paniers préférés !

À ce moment-là, il n’y a pas de secret, tu dois être fort mentalement. C’est vrai que ce match, j’ai été moins bon que ce que j’espérais. À chaque match on essaye d’être concentré pendant 40 minutes, vraiment, mais ça ne se passe pas toujours comme on veut. Certaines fois tu commences bien, d’autres tu es moins bon au début et tu deviens meilleur dans les dernières minutes… Contre Levallois c’était peut-être la deuxième option. Le coach m’a demandé de prendre ce dernier shoot, il m’a fait confiance. Comme je le disais avant, je travaille énormément sur mon adresse à 3 points, et finalement des shoots comme ça j’en ai fait des centaines pendant l’entrainement ! À ce moment-là, il faut juste arriver à faire abstraction du reste, être super concentré et se dire « j’ai juste à faire ce que je sais faire ». Tu restes concentré sur ton mouvement et tu ne penses même pas au fait que tu peux le rater, ou des conséquences derrière si tu le rates. Tu te dis juste qu’il va rentrer, tu le sais, car tu es focus à 100% sur ton mouvement, sur ta réussite. 

"À ce moment-là, il faut arriver à faire abstraction du reste, être super concentré et se dire j’ai juste à faire ce que je sais faire"

Nous savons que tu possèdes une grosse expérience européenne avec notamment 2 saisons en Eurocup avec Vrsac en 2010/2011 et Kazan 2017/2018 mais également 3 saisons en Euroligue avec Belgrade et Kazan. Que tires-tu de ces expériences et que t’apportent-elle pour cette saison ?

Ca m’a apporté beaucoup ! Ca m’a apporté car je savais dans quel type de compétition nous allions entrer, alors que le club le découvrait puisque c’était sa première expérience en Europe. Nous étions plusieurs à avoir déjà eu la chance de vivre ça, de connaitre ce sentiment quand on représente son club au delà des frontières, on savait aussi quels types d’équipes nous allions devoir affronter. Des équipes de niveaux hétérogènes, qui jouent dans différentes ligues… Donc bien sûr, c’était plus facile pour moi, ces précédentes expériences m’ont beaucoup aidé pour entamer cette aventure avec la JL.

Tes performances t’ont permis de retrouver la sélection internationale il y a quelques semaines sept ans après où tu as joué un rôle majeur (18,5 points, 2 rebonds et 2 passes en deux rencontres). Je suppose que cela t’a fait plaisir de revêtir de nouveau le maillot Serbe ?

C’est vraiment la meilleure chose qui me soit arrivé ces derniers temps. Pour moi, porter le maillot de l’équipe nationale de Serbie est quelque chose de spécial. Nous les serbes, nous sommes des gens fiers (rire) et pour moi c’est la même chose, donc c’est super d’avoir pu revêtir une nouvelle fois ce maillot. En somme, je suis vraiment heureux d’en avoir fait partie, j’espère pouvoir continuer à jouer avec l’équipe nationale pour les prochaines fenêtres internationales et pourquoi pas pour d’autres campagnes !

De quoi rêver jouer le TQO (Tournois de Qualification Olympique) puis les Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain ?

Nous aurons la fenêtre internationale en février et j’espère que je serai là. Si je joue bien, pourquoi pas. J’espère être dans la liste pour le camp d’entraînement, pour le TQO avant les Jeux Olympiques, et après nous verrons, qui sait ! Mais ce serait un grand honneur pour moi.

Pour revenir à la JL. Cette saison en Eurocup tu as croisé deux de tes anciens clubs. Commençons par Kazan. Parle-nous de ce retour en Russie et de ton expérience là-bas entre 2016 et 2017.

Ça a été une grande expérience de jouer là-bas pendant un an et demi. Lors de la seconde année, nous étions vraiment une belle équipe avec de bons gars en plus. Ce fut une très bonne saison tous ensemble et je me rappellerai toujours de ce moment passé à Kazan. C’est vraiment une belle ville où j’ai aimé vivre donc ce fût génial de pouvoir y retourner cette année pour revoir les supporters ainsi que les salariés du club. C’est un gros club avec beaucoup d’expérience en Eurocup, qu’ils ont d’ailleurs remporté (NDLR : en 2011) mais aussi en Euroleague.

Pour toi, il y a tout de même un club qui compte plus, c’est le Partizan Belgrade, le club de ta ville que la JL Bourg accueillera ce mardi pour le match retour. Comment se sont passées tes différentes saisons là-bas (entre 2011 et 2013 puis en 2016) et en quoi c’est si spécial pour toi ?

Oui c’est vraiment le plus important. Le Partizan est un grand nom en Europe mais aussi dans le monde. Tout le monde connaît cette équipe et en Serbie il y a deux équipes que les gens supportent : le Partizan et l’Étoile Rouge. Depuis que je suis enfant, j’ai fait le choix du Partizan et je suis toujours allé voir les matchs en étant petit. Pour moi, l’opportunité d’avoir revêtu ce maillot a été comme porter celui de l’Équipe nationale. Je ne peux vraiment pas décrire avec des mots ces moments. C’est le premier club avec qui j’ai gagné un championnat (NDLR : en 2012), la coupe nationale et également avec qui j’ai joué l’Euroleague. Si un jour je dois en parler à mes enfants, ce sera certainement le premier endroit que j’évoquerais. Nous avons eu la chance de pouvoir jouer contre eux cette année mais ce qui est dommage, c’est que nous n’avons pas eu la chance de jouer devant les fans. C’est triste parce que je sais que tout le monde au club de la JL, et nous les joueurs, voulions voir l’incroyable atmosphère qu’il y a dans cette salle et comment c’est de jouer contre ce type d’équipe, dans ces conditions. Enfin bref, nous n’avons pas eu cette chance mais nous avons quand même pu jouer à Belgrade, j’ai pu rejouer à la maison et ça a été encore un moment spécial pour moi. J’espère que dans le futur, la JL aura l’opportunité de jouer contre le Partizan une nouvelle fois.

Ton retour il y a quelques semaines a dû être plus que spécial : victoire sans appel 76-89 et un gros match pour toi avec 23 points, 2 rebonds et 4 passes. As-tu eu un pincement au cœur de battre ce club que tu chéris tant ?

Pour être honnête non, parce que je reste professionnel et je donne le meilleur de moi-même pour mon équipe. C’était très important pour nous d’obtenir cette victoire dans l’optique de la qualification au Top 16. Sur le terrain, quand le match a commencé, ma seule envie était de les battre et de jouer le mieux que je pouvais. Peu importe qui est en face. Toutes les émotions restent sur le côté du parquet quand la rencontre démarre.

Rêves-tu d’y rejouer un jour ?

Je dirais que oui, probablement pour finir ma carrière là-bas. Je ne sais pas quand j’arrêterai et combien d’années il me reste encore à jouer mais ça serait la meilleure façon de terminer ma carrière. J’aimerais vraiment que ça se passe comme ça.

On te retrouve mardi sur le parquet. Merci Danilo !

©Christelle Gouttefarde ©Jacques Cormarèche ©FIBA ©Partizan NIS Belgrade

Théo Rey : grandir avec la Jeu

Il est, aux côtés de Hugo Benitez, l’une des recrues internes du club. Théo Rey (20 ans, 1m94) a signé son premier contrat professionnel avec la JL Bourg il y a quelques semaines. Parti à l’âge de 15 ans de sa région natale, le désormais nouvel arrière de la Jeu a franchi chaque étape les unes après les autres depuis son arrivée en 2015. Il nous raconte son parcours semé de quelques embûches en Bresse avec notamment une blessure grave qui l’a écartée des parquets pendant 9 mois, sa relation difficile avec l’Équipe de France et son envie pour la saison à venir. Rencontre avec un travailleur acharné qui se souvient parfaitement du jour où il est venu pour la première fois à Bourg, du jour où il a revêtu pour la première fois le maillot professionnel puis du jour où il a marqué ses premiers points à ce niveau et même de ses stats en Equipe de France.

Poursuivre la lecture